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mardi 29 janvier 2008

La petite fin d'un cher endroit


> Visiter "Vilain Sylvain"

Cher Sylvain,

On pourra dire que tu nous as bien eus... Nous avertir de l'existence de cet espace dix semaines après sa création, c'est déjà assez tordu. Mais alors promettre d'anticiper nos pensées les plus profondes sans réussir à tenir plus de quelques mois, c'est ce qu'on pourrait appeler un défi raté ! Trop fatiguant, trop dangereux, trop restrictif... Pourtant, malgré quelques faux pas et élucubrations dérangées, le résultat était honorable. Cela aura permis de déceler des comportements inattendus parmi ton entourage et surtout de te rendre compte que tu ne le connais pas si bien...

Mais il est l'heure de passer à autre chose. Nous en tout cas on cède notre place ! La totalité de ce petit groupe n'a pas eu l'occasion d'être représenté ici-même, et pourtant... Certains l'auraient mérité mais préfèrent rester discrets parce qu'allergiques à la popularité facile.

Aujourd'hui, on passe de l'autre côté de l'écran pour profiter au mieux d'une nouvelle aventure qui se dessine. Vilain, oui, mais ne sois pas trop cruel... Tout est rangé, merci de nous avoir accueilli, on mettra les clés dans la boîte aux lettres en partant. Maintenant c'est à nous de t'observer, à tout de suite cher Sylvain...

Tes amis

mardi 1 janvier 2008

Bilan du moi(s) de Décembre 2007

Cher moi-même,

Non, les fêtes ne m'auront pas pénétré aussi profondément que d'habitude. De coups de grisous en coups de folies, j'en ai encore la tête qui tourne !

La difficulté du mois : la nativité glacée. Je courbe l'échine lorsque je suis sur le point d'annuler mon week-end à Londres mi-décembre. Le feu envahit les bureaux la veille du départ alors qu'il y a tant de travail. Puis finalement on s'en sort même si la précarité titille mon quotidien professionnel depuis ce jour. Puis la glace fait encore des siennes le jour du petit Jésus lorsqu'un décès frappe mon entourage à l'heure du déjeuner. Les démarches posthumes rythment alors une journée qui n'est plus celle espérée au départ.

La petite note d'espoir du mois : le mal oublié. Deux week-end outre-manche me donnent le sentiment de souffler. On s'y sent bien, on partage des choses et on vibre au son des plus célèbres musicals du moment. Puis lors du passage à la nouvelle année, nous relevons entre amis le défi de ne pas sombrer après presque quarante-huit heures à galoper dans la capitale anglaise. De drôles d'ambitions pour une drôle d'amitié : difficile de ne pas y trouver son compte.

Les interrogations du mois : trop peu ou beaucoup trop. On se pose toujours tout un tas de questions sans jamais vraiment y voir plus clair. Une trêve hivernale s'impose, je les mets de côté en observant avec tristesse les coups durs de mon entourage. Puis finalement je finis par ne plus m'interroger sur moi-même. Pourquoi pas ?

Et s'il était l'heure du petit somme qui me tarabuste depuis un moment. Il s'est passé énormément de choses cette année. Repu et fatigué, j'appréhende l'année à venir. La sérénité sera-t-elle passée par là d'ici la prochaine indigestion réveillonesque ? Pitié, il le faut...

Sylvain

samedi 1 décembre 2007

Bilan du moi(s) de Novembre 2007

Cher moi-même,

Oui, il ne fait pas si froid, mais le gel matinal brutalise les articulations et cette formidable capacité d'ubiquité qui me caractérise si bien.

La difficulté du mois : aucune. Paresse de témoignage ou bien réelle capacité au bonheur, il arrive parfois de se dire que tout est plutôt bien finalement... Plutôt...

La petite note d'espoir du mois : des guirlandes qui piquent un peu. Lorsque je compare l'ambiance du moment avec celle de l'an passé, il me tarde de voir venir les fêtes pour les vivre en toute plénitude et sans les soucis d'avenir qui se révélaient à moi lors des réjouissances passées. La tension monte, mais elle s'agite naturellement, avec panache. Je me laisse glisser sur les pentes d'une innocence plus forte que tout !

Les interrogations du mois : des cheveux blancs qui tardent à me faire du mal. Bizarrement je n'arrive pas à ressentir la déprime passagère que de nombreux individus subissent au moment de leur anniversaire. Je me rends compte que tout passe très vite, des souvenirs qui me semblent encore tous proches sont en fait bien loin derrière moi, et mon premier amour a passé beaucoup plus de temps loin de moi qu'à mes côtés. Mais en faisant la part des choses, l'évolution de ce quotidien est plutôt logique et agréable. Chaque période de cette drôle vie est moins ingénue que la précédente, mais plus excitante. Autant le vivre avec sérénité.

Et pendant ces temps je n'arrive plus à me mettre à la place de ceux qui m'entourent. Le regard qu'ils posent sur mon univers est beaucoup plus complexe et peuplé d'ambiguités qu'il ne pouvait l'être. Il va falloir se faire une raison, les concepts s'usent et médusent.. Mais au fond, qu'importe !

Sylvain

lundi 5 novembre 2007

25 ans

Cher Sylvain,

Au moins tu auras gardé les joues...

Ton père

jeudi 1 novembre 2007

Bilan du moi(s) d'Octobre 2007

Cher moi-même,

Entre quelques jours d'évasion et une volonté de prendre un peu de temps pour moi, on obtient alors deux bilans qui se suivent, avec la prétention de ne plus donner de nouvelles aussi souvent que d'habitude. Il va falloir y remédier, je ne suis pas du genre à avorter un concept auquel je tiens. Mais les envies d'évolution me tenaillent et me font penser à de nouvelles choses, on y viendra sans doute.

La difficulté du mois : garder les yeux ouverts. Le pérpiple tant attendu s'en est donné à coeur joie ! Entre moments inoubliables, drôles de rencontres et découvertes à couper le souffle, difficile de revenir à la réalité. Les décalages horaires ont eu raison de ma faculté à vouloir aller de l'avant : la fatigue prend le dessus. Les nuits deviennent alors trop courtes ou bien trop longues et l'équilibre en est tout chamboulé. Mais les petites habitudes quotidiennes reprennent le dessus et ça va mieux.

La petite note d'espoir du mois : un nouveau souffle. Autant mon déménagement l'an passé n'aura pas été facile à vivre, autant celui des bureaux dans lesquels je travaille était vivement attendu. On retrouve alors cette mélancolie des derniers instants et l'excitation de refaire sa place dans un lieu inconnu. Alors que je travaille sur un dossier assez important, je pensais qu'il serait difficile de rester concentré sans les repères habituels. Finalement, ça remet les choses à plat, on repart du bon pied pour donner de son mieux, ça fait du bien !

Les interrogations du mois : aucune. C'est vrai, il y a toujours des petites choses qui nous titillent, mais j'ai l'impression que de les officialiser les rendent encore plus concrêtes. Haut les coeurs, tout va bien !

Plus c'est court, plus ça donne envie de voir ce qui va se passer. Un peu comme le season finale de Californication qui rend tout nostalgique à l'idée d'attendre l'année prochaine pour retrouver nos personnages favoris, il est l'heure de se quitter. Pour ce soir...

Sylvain

jeudi 11 octobre 2007

Bilan du moi(s) de Septembre 2007

Cher moi-même,

Après un été tantôt calme, tantôt remuant, les beaux jours de septembre ont fait leur apparition entraînant avec eux leur lot de surprises, déceptions et coups de chaud improvisés.

La difficulté du mois : un temps à apprivoiser. Si les plages du sud n'ont pas eu le bonheur d'accueillir mon mou postérieur parmi ceux de tous les vacanciers qui font mine d'être heureux, c'est parce que le travail me tirait par la glotte. Ni une ni deux, on laisse ses collèges s'envoler vers de jolis paysages pour garder leur place au chaud et faire en sorte que la société tourne tant bien que mal. Oui mais voilà, à trop s'accrocher au nombre conséquent de clients qui s'enchaînent et se déchaînent, on commence vite à perdre pied. Les journées sont chargées mais passent si vite, les soirées sont fatiguantes mais encore plus courtes. Et que reste-t-il ? De toutes petites nuits pour s'évader et respirer un bon coup... dans ses rêves.

La petite note d'espoir du mois : un rythme qui fait tourner la tête. Parce qu'il est trop facile de se plaindre, il faut dire malgré tout que ce rythme effréné est celui qui me convient le mieux ! Épanoui dans un boulot qui m'apprend et me fait évoluer comme jamais, j'ai le sentiment d'être utile, parfois indispensable, souvent apprécié pour les résultats obtenus par mon travail et le relationnel avec les clients. Et le soir, je reste impatient de retrouver cette ambiance si particulière qui me fait vibrer chaque jour.

Les interrogations du mois : une omniprésence trop pesante. Malgré tout il est l'heure de souffler : le périple en Californie était la récompense de ces nombreuses semaines intenses de découverte et d'évolution dans une nouvelle vie active qui prend le dessus sur beaucoup de choses. La fin du mois était rythmée par les doutes quant à ce long temps de repos qui s'annonçait. Trop de boulot à venir, trop de choses à penser, pas assez de temps pour tout organiser et faire de cette escapade le changement d'air tant souhaité. Et comment faire de "sérénité" le maître mot d'un voyage qui tombe au beau milieu de nouveaux gros projets professionnels ?

Tout va plutôt bien en y regardant de plus près. Mais le désert de l'Ouest Américain aura-t-il eu raison de ces deux parisiens à la relation si complexe et qui s'apprêtent à arpenter de nouveaux horizons ?

Sylvain

vendredi 28 septembre 2007

Holidays and sex !

Cher Sylvain,

Tu es très peu loquace ces jours-ci, mais l'essentiel mérite d'être vécu pleinement ! Il est l'heure de quitter nos logis douillets pour explorer de nouvelles contrées... Retour le 11 octobre. California, here we come !

Jonathan, ton chéri

mercredi 5 septembre 2007

Deux quotidiens qui s'affrontent

Le haïku du jour : Je dors et tu cours - Tu tombes et te relève - Moi je reste au lit

Cher Sylvain,

Les billets sont achetés, on part à San Francisco dans trois semaines environ. Entre temps mon stage de fin d'études s'est terminé, mes journées sont donc consacrées à ce foutu mémoire. Mes insomnies ont repris le dessus, je m'endors au petit matin. Impossible de trouver l'hôtel parfait pour nos vacances, ah ça y'est je crois que j'ai trouvé. Je ne sais pas quoi manger ce soir, j'ai déjà fait des pâtes hier soir. J'ai peur qu'on s'ennuie en restant dix jours dans la même ville, peut-être qu'un périple dans toute la Californie serait mieux approprié. J'aimerais bien profiter d'un petit câlin vendredi soir, mais mes insomnies couplées à tes bruyants ronflements risquent de rendre la nuit infernale...

Et toi tu vis à cent à l'heure, tu continues à faire du sport le matin. Les journées passent à une vitesse folle, les projets s'accumulent sans te laisser le temps de souffler. Les nouveaux iPods te rendent complètement dingue, tu en as rêvé cette nuit. Tu supportes mes insatisfactions chroniques, mais tu es tout aussi chiant à ta manière. Tu te remets à lire dans les transports, et maintenant tu joues à la Wii la nuit tombée. Tu avais l'appart à toi seul depuis trois semaines, il va falloir faire du ménage. Tu m'aimes ?

Jonathan, ton chéri

samedi 1 septembre 2007

Bilan du moi(s) d'Août 2007

Cher moi-même,

Toujours cette grisaille, et donc point d'amertume à consacrer pour la première fois un été à mettre mes compétences au service du travail. Il faut donc sans cesse se renouveler pour éviter de trop ressentir cette absence de coupure et rester frais à l'approche de la rentrée.

La difficulté du mois : chasser l'impulsivité. Je suis comme ça et je n'y peux rien. Quand quelque chose me touche ou que j'ai le sentiment d'avoir été abusé, il m'est trop difficile de laisser retomber la pression avant de réagir. Pourtant je m'accroche pour prendre sur moi et garder mon calme afin de mieux rebondir quelques jours plus tard. J'ai donc été victime le mois dernier de différents conflits en interne, avec les clients, avec les collègues, il a fallu relativiser pour tempérer tout le monde et faire en sorte que ma petite équipe de travail relativise au maximum. Plus de peur que de mal : les gros projets sont livrés, les relations sont au beau fixe, l'expérience rentre...

La petite note d'espoir du mois : l'air frais qui vient de l'ouest. Après plusieurs semaines à se demander si mon râleur de chéri et moi-même devions partager quelques vacances cette année, la décision est tombée. Début octobre, on migre à San Francisco pour faire connaissance avec d'inconnues contrées ! Bien évidemment, les choses n'ont pas été simples, il a fallu accepter le fait qu'on ne puisse pas rompre durant le mois qui nous sépare de cet exil, il y en a un pour qui ce n'était pas gagné. Du coup, il a fallu précipiter un peu les choses et réserver les billets au plus vite pour ne plus faire marche arrière. Au pire, ce sera l'occasion de renouer... Hum...

Les interrogations du mois : ne pas laisser la routine se manifester. Cela semble évident, après plusieurs années à attendre un peu de stabilité dans ma vie, le quotidien est beaucoup plus organisé depuis quelques mois avec ce premier vrai boulot. Du coup, difficile de se caler sur les exams, les longues vacances, les rentrées scolaires, les stages, il n'y a plus de tout ça ! Forcément les jours se ressemblent un peu plus qu'avant même s'ils sont loin d'être pesants. Je dois donc bouleverser mes habitudes chaque semaine pour rafraîchir ce quotidien et garder cet optimisme qui me fait aimer chaque matin lorsque j'ouvre les yeux. Good morning Baltimore...

C'est plutôt agréable le mois d'août quand on ne part pas en vacances : moins de monde, plus de temps pour se poser, se remettre en question, comprendre ce qu'il se passe et préparer les mois à venir. Ouf...

Sylvain

dimanche 26 août 2007

Les foulées d'un fou à lier

Le haïku du jour : Cliché du matin - Et quand le soir arrive - Branlette à la main ?

Cher Sylvain,

Nos regards se sont croisé pour la première fois il y a environ deux mois. Il était 8h, tu t'apprêtais à effectuer tes trente minutes de jogging semi-quotidien, les yeux collés, les cheveux en vrac, un débardeur turquoise et des chaussures jaunes et bleues. De mon côté je revêtais mon costume habituel, une malette à la main, prêt à vivre une nouvelle journée de travail. J'ai alors esquissé un petit sourire auquel tu n'as pas été réceptif.

Il y a un mois, nous nous sommes croisés un peu plus loin sur le parcours de ton rituel sportif, mais cette fois-ci je ne bougeais pas, j'avais juste un appareil photo dans la main gauche, mon téléphone dans la main droite, et j'ai lentement dirigé les objectifs vers toi lorsque tu m'as frôlé dans l'euphorie de ta petite course. Une demi-heure plus tard, je réitère l'expérience en fin de parcours, alors que tu arrives près de chez toi.

Et depuis ce jour, je t'attends tous les matins, assis sur un banc en bas de chez toi, et me postant à l'angle de ta rue lorsque tu passes devant moi pour te shooter à nouveau et enrichir ma collection de clichés dans lesquels tu subis toujours les trente minutes de jogging qui ont précédé. J'ai vaguement tenté d'engager la conversation à coups de "Bonjour, comment allez-vous ?" ou encore "Sympa le jogging non ?", mais je ne te trouve pas particulièrement réceptif. Peut-être imagines-tu de sordides choses à mon égard ? A moins que tu trouves légèrement déplacé ma méthode de drague... Il va falloir m'affronter dans les jours à venir, la situation commence à devenir sérieusement glauque...

"Cica", l'inconnu en bas de chez toi

mercredi 22 août 2007

Amis d'une âme en perdition

Le haïku du jour : Les yeux bien fermés - Un mauvais coup dans le dos - Le coeur déchiré''

Cher Sylvain,

Ils font toute la différence, tu as toujours été bien entouré, ils t'ont donné de bons conseils, sans oublier de très mauvais, tu n'as jamais trouvé celui qui remplacera tous les autres, ceux qui te semblaient les plus chers se sont transformés en histoires d'amour douloureuses, parfois ils te déçoivent...

Finalement depuis que tu as 18 ans, tu as toujours compensé une forte relation que tu ne trouvais chez aucun de tes amis par tes amours et amants. On voit souvent une représentation de l'ami idéal comme quelqu'un qu'on appelle dix fois par jour, qui pourrait souffrir pour toi, te dépanner quoiqu'il arrive. On t'a souvent dit qu'il y a trop de gens qui t'aiment, mais aucun n'a tenu le choc plus de quelques mois ! Les coups de fil quotidiens s'espaçaient pour quasiment disparaître même si les marques d'amitié étaient toujours présentes.
Et finalement si aujourd'hui tous tes amis sont si différents les uns des autres, c'est parce que tu as besoin de cette diversité pour te construire et appréhender l'avenir.

Donc là tu as peur. Que se passera-t-il le jour où tu te retrouveras à nouveau célibataire ? Comment compenseras-tu cet échange de couple qui t'aide à aller de l'avant ? Le feras-tu à travers les quelques personnes qui te sont le plus chères ? Seront-elles prêtes à servir de tampon chaque jour, à chaque instant ? Ou alors te reporteras-tu sur un seul et même complice qui devra assumer tous tes états d'âme ?
A moins que tu doives te retrouver seul, ne compter que sur toi-même pour construire un nouvel équilibre plus sain, moins porté sur ceux qui t'accompagnent.

Lorsque tu commences à te perdre dans une amitié à laquelle tu veux croire, il y a toujours quelque chose qui te montre que personne ne te ressemble complètement, que la fusion de couple idéale n'existera jamais non plus en amitié, qu'il est difficile de faire aveuglément confiance sans y perdre des plumes. De plus en plus tu t'aperçois que tu n'as pas tant que ça les mêmes idéaux que ceux qui te déclarent si souvent de belles choses. La solution est peut-être d'accepter ces différences en se disant qu'elles sont légitimes, à moins qu'elles s'amenuisent petit à petit pour après quelques années donner une nouvelle force à ces relations. Ou alors tu n'as peut-être tout simplement pas trouvé celui ou celle qui te comprenne parfaitement et qui soit prêt à partager tes envies, ta curiosité trop ciblée et pas toujours accessible, tes coups de sang inattendus et qui te font du mal. La condition humaine frappe toujours trop fort !

"Le Loup", une amie perdue

dimanche 19 août 2007

L'île de la boudination

Le haïku du jour : Le vent qui souffle - Du sable dans les fesses - Du sel dans les yeux

Cher Sylvain,

Une nouvelle journée de travail se termine, nous sommes le 15 août et tu as dû passer l'après-midi au bureau pour finaliser les projets délicats du moment. Tu ne sais pas encore s'il est sérieux de maintenir le petit week-end prolongé que nous avions prévu depuis quelques semaines. Puis c'est à 23h que tu décides de quitter Paris sur le champ, après un passage éclair à ton appart histoire de récupérer tente, piquettes et sac de couchage. La nuit fut courte mais on est euphorique lorsqu'à 8h le lendemain matin, la voiture ronronne doucement malgré un coffre plein comme jamais.

Pour la deuxième année consécutive, on se retrouve quelques heures plus tard au beau milieu de l'Île de Ré, entre sable, marais et pistes cyclables. Parce qu'il faut préciser qu'on a plein d'idées tous les trois : si le soleil ne souhaite pas nous fouetter de ses rayons douloureux, on trouve une solution de secours que nous allons modestement baptiser "tonicité et mises en bouche". En effet, on aura passé ces quatre jours de détente le cul sur un vélo à arpenter l'île de toutes parts, butinant de villages en plages douillettes, de marchés locaux en paysages saisissants... Mais point de volonté de combattre le gras des cuisses dans toute cette histoire : les efforts de la journée étaient très largement compensés par les innombrables apéros givrés, glaces, gaufres et autres gourmandises qui nous faisaient perdre la tête.

Au final, l'effet escompté est là : on oublie les petits tracas sous le soleil discret des vacances, entre soirées confessions et situations absurdes, tout est parfait ! D'ailleurs, on a décidé de ne plus te lâcher puisque tu devras nous accueillir dans quelques jours à Paris pour une soirée jap/théâtre/crêpe/vélib. Ça ne vaut pas les célèbres soirées ciné/sodo de ton amie Lilly mais c'est bien quand même.

Moumoune et Florence, tes amies

lundi 13 août 2007

Sages images en voie de rébellion

Le haïku du jour : Je vois dans l'écran - Les degrés qui s'envolent - Dehors il fait froid

Cher Sylvain,

On ne peut pas dire que l'été soit propice au repos dans notre métier. Alors que la plupart de nos collègues sont partis dorer leurs petites fesses au soleil, on reste fidèle au poste, avec la ferme intention d'affronter les coups de colère et crises de nerfs de ceux qui ne supportent plus les crachins estivaux qui plombent le moral.

J'ai l'impression qu'on a passé plus de temps ensemble ces derniers jours que n'importe quelle autre personne de notre entourage. Il faut dire qu'à bosser sur les mêmes productions, on est soudé dans l'adversité, à devoir satisfaire les idées saugrenues du grand chef tout en maintenant le cap face au client. Si en plus on ajoute à cette contrainte de base toute la pression qui tourne autour des émissions du moment, il y a de quoi devenir dingue. Dans quelques jours, notre travail sera exposé au plus grand nombre sans qu'on puisse en être entièrement satisfait. Le milieu du petit écran exerce une sorte d'excitation qui fait tourner la tête à la grande partie des gens de ce métier, il faut donc prendre sur soi, aller de l'avant et réaliser les plus jolies choses possibles.

Ajoutons à cela que je suis arrivé il y a tout juste deux mois au sein de l'agence, que je suis le mec de ta collègue la plus proche, que je suis plutôt ton genre, donc que du coup je ne te laisse pas indifférent, le quotidien n'est pas banal. Heureusement, mon caractère impulsif et ma vraie-fausse petite part d'ego sont des défauts qui n'existent pas chez ton Jona, tu peux continuer à l'aimer sans crainte.

"Mi-molle", ton collègue réalisateur

jeudi 9 août 2007

Et on déroule le vélo

Le haïku du jour : Tourne la tête - Certains soir je suis surpris - Un bon coup de frein

Cher Sylvain,

Nous avons bien pris en compte votre récent courrier. Malheureusement, nous ne pouvons vous donner satisfaction pour l'instant, le service commence à prendre ses marques. Merci pour votre compréhension,

L'équipe Vélib'

Chère équipe Vélib',

Il y a de cela trois mois, j'ai décidé de prendre les choses en main pour éliminer le gras qui stagnait depuis trop longtemps sur mes faibles os. Un programme acharné se dessinait alors, multipliant de courtes activités sportives et restrictions alimentaires. Afin de parfaire le concept tout en gardant un esprit hype, je me suis glissé parmi les mille premiers abonnés au service de location de vélo que vous avez lancé mi-juillet.

Chaque soir, mon petit bonheur réside dans les quelques minutes où je califourche vos engins pour traverser tout Paris afin de regagner mon logis. Malheureusement, le système n'est pas encore parfait et il m'arrive de ne pas trouver de place pour reposer mon petit vélo du jour. Tout a pris une ampleur démesurée un soir cette semaine. Après une journée pesante et trop pleine de responsabilités, je décide de laisser le boulot derrière moi un peu plus tôt que prévu pour foncer au magasin de sport près de chez moi. Au programme, achat de quelques accessoires pour les vacances qui approchent. Après quelques coups de pédales, la pluie s'abat sur le 17e et noie mon léger tee-shirt en quelques secondes. Je décide malgré tout de braver vents et giclées humides et froides pour arriver avant la fermeture du magasin, vingt minutes plus tard.
Mais la poisse ne faisait que commencer : les dix stations de vélo qui entourent ma destination sont occupées, je me retrouve coincé avec ce vélo auquel il manquait un frein, me blessant en tapant sur vos bornes d'attache, mort de froid et de fatigue et ne sachant plus que faire. Il ne me reste plus qu'à l'enfermer dans la petite cour de mon immeuble et de courir au magasin pour tâcher de retrouver un semblant de vie normale. Entre temps j'avais oublié les amis qui débarquaient à la maison trente minutes plus tard et pour lesquels je n'avais rien préparé. Tout cela s'est terminé autour de nombreux verres pour oublier ces fichues pédales qui ont quelque peu gâché l'euphorie de début de soirée.

L'anecdote ne serait pas intéressante si elle était unique. Seulement voilà, le parcours du combattant commence à devenir beaucoup trop fréquent à mon goût, j'aimerais rentrer chez moi sans blessures, les vêtements propres et la tête au sec. Ajoutez à tout cela une mi-molle qui m'empêchait de passer la 3e, merci bien !

Sylvain

dimanche 5 août 2007

Secrets de campagne

Le haïku du jour : Un bisou caché - Mais la porte s'ouvre - Et tu me dis chut

Cher Sylvain,

Les oiseaux chantaient, les étoiles scintillaient dans un ciel que je ne connaissais plus, le soleil se reflétait dans ma peau si claire... Seulement, les bestioles pullulaient, la selle de mon vélo n'était pas confortable, les repas pseudo-familiaux étaient gênants... Bref, ce week-end à la campagne n'aura finalement pas été de tout repos !

Même si j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer tes parents et ainsi partager quelques morceaux de ta vie familiale, je n'arrive toujours pas à m'y faire. Comme dans une mauvaise émission de télé-réalité, je me sens en danger à tout moment, guettant la moindre gaffe faite par tes amis ou les petites allusions de ton entourage. A vivre caché, on n'arrive pas à en profiter malgré les nombreuses activités que tu te plais à me concocter. Lorsque le soleil tapait un peu trop sur mon bon sens, c'était le moment d'un petit saut dans la toute jeune piscine de cette maison de campagne qui est désormais la tienne.

Finalement, le confort douillet que procure un contexte familial sain et protecteur fait toute la différence. On en oublie les difficultés de la semaine pour se laisser immerger par une ambiance dépaysante comme il faut. Tu pourrais t'estimer heureux, il y a finalement assez peu de personnes qui ont l'opportunité de vivre dans une famille comme la tienne, où tout semble agréable et facile. Qu'est-ce qui t'empêche alors de briser les tabous et faciliter un peu plus les rencontres que je suis amené à faire ? Ta soeur et tes parents te connaissent parfaitement, ils savent tout, ils sont là et t'offrent le confort que beaucoup t'envient. Du coup ça ne donne pas envie de tout bousculer, je peux le comprendre. Mais d'autres que moi auraient sérieusement pu se vexer dans une situation similaire. Finalement je suis peut-être plus facile à vivre que j'en ai l'air !

Jonathan, ton chéri