Le haïku du jour : Tourne la tête - Certains soir je suis surpris - Un bon coup de frein

Cher Sylvain,

Nous avons bien pris en compte votre récent courrier. Malheureusement, nous ne pouvons vous donner satisfaction pour l'instant, le service commence à prendre ses marques. Merci pour votre compréhension,

L'équipe Vélib'

Chère équipe Vélib',

Il y a de cela trois mois, j'ai décidé de prendre les choses en main pour éliminer le gras qui stagnait depuis trop longtemps sur mes faibles os. Un programme acharné se dessinait alors, multipliant de courtes activités sportives et restrictions alimentaires. Afin de parfaire le concept tout en gardant un esprit hype, je me suis glissé parmi les mille premiers abonnés au service de location de vélo que vous avez lancé mi-juillet.

Chaque soir, mon petit bonheur réside dans les quelques minutes où je califourche vos engins pour traverser tout Paris afin de regagner mon logis. Malheureusement, le système n'est pas encore parfait et il m'arrive de ne pas trouver de place pour reposer mon petit vélo du jour. Tout a pris une ampleur démesurée un soir cette semaine. Après une journée pesante et trop pleine de responsabilités, je décide de laisser le boulot derrière moi un peu plus tôt que prévu pour foncer au magasin de sport près de chez moi. Au programme, achat de quelques accessoires pour les vacances qui approchent. Après quelques coups de pédales, la pluie s'abat sur le 17e et noie mon léger tee-shirt en quelques secondes. Je décide malgré tout de braver vents et giclées humides et froides pour arriver avant la fermeture du magasin, vingt minutes plus tard.
Mais la poisse ne faisait que commencer : les dix stations de vélo qui entourent ma destination sont occupées, je me retrouve coincé avec ce vélo auquel il manquait un frein, me blessant en tapant sur vos bornes d'attache, mort de froid et de fatigue et ne sachant plus que faire. Il ne me reste plus qu'à l'enfermer dans la petite cour de mon immeuble et de courir au magasin pour tâcher de retrouver un semblant de vie normale. Entre temps j'avais oublié les amis qui débarquaient à la maison trente minutes plus tard et pour lesquels je n'avais rien préparé. Tout cela s'est terminé autour de nombreux verres pour oublier ces fichues pédales qui ont quelque peu gâché l'euphorie de début de soirée.

L'anecdote ne serait pas intéressante si elle était unique. Seulement voilà, le parcours du combattant commence à devenir beaucoup trop fréquent à mon goût, j'aimerais rentrer chez moi sans blessures, les vêtements propres et la tête au sec. Ajoutez à tout cela une mi-molle qui m'empêchait de passer la 3e, merci bien !

Sylvain