Le haïku du jour : Je vois dans l'écran - Les degrés qui s'envolent - Dehors il fait froid

Cher Sylvain,

On ne peut pas dire que l'été soit propice au repos dans notre métier. Alors que la plupart de nos collègues sont partis dorer leurs petites fesses au soleil, on reste fidèle au poste, avec la ferme intention d'affronter les coups de colère et crises de nerfs de ceux qui ne supportent plus les crachins estivaux qui plombent le moral.

J'ai l'impression qu'on a passé plus de temps ensemble ces derniers jours que n'importe quelle autre personne de notre entourage. Il faut dire qu'à bosser sur les mêmes productions, on est soudé dans l'adversité, à devoir satisfaire les idées saugrenues du grand chef tout en maintenant le cap face au client. Si en plus on ajoute à cette contrainte de base toute la pression qui tourne autour des émissions du moment, il y a de quoi devenir dingue. Dans quelques jours, notre travail sera exposé au plus grand nombre sans qu'on puisse en être entièrement satisfait. Le milieu du petit écran exerce une sorte d'excitation qui fait tourner la tête à la grande partie des gens de ce métier, il faut donc prendre sur soi, aller de l'avant et réaliser les plus jolies choses possibles.

Ajoutons à cela que je suis arrivé il y a tout juste deux mois au sein de l'agence, que je suis le mec de ta collègue la plus proche, que je suis plutôt ton genre, donc que du coup je ne te laisse pas indifférent, le quotidien n'est pas banal. Heureusement, mon caractère impulsif et ma vraie-fausse petite part d'ego sont des défauts qui n'existent pas chez ton Jona, tu peux continuer à l'aimer sans crainte.

"Mi-molle", ton collègue réalisateur