Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


mercredi 22 août 2007

Amis d'une âme en perdition

Le haïku du jour : Les yeux bien fermés - Un mauvais coup dans le dos - Le coeur déchiré''

Cher Sylvain,

Ils font toute la différence, tu as toujours été bien entouré, ils t'ont donné de bons conseils, sans oublier de très mauvais, tu n'as jamais trouvé celui qui remplacera tous les autres, ceux qui te semblaient les plus chers se sont transformés en histoires d'amour douloureuses, parfois ils te déçoivent...

Finalement depuis que tu as 18 ans, tu as toujours compensé une forte relation que tu ne trouvais chez aucun de tes amis par tes amours et amants. On voit souvent une représentation de l'ami idéal comme quelqu'un qu'on appelle dix fois par jour, qui pourrait souffrir pour toi, te dépanner quoiqu'il arrive. On t'a souvent dit qu'il y a trop de gens qui t'aiment, mais aucun n'a tenu le choc plus de quelques mois ! Les coups de fil quotidiens s'espaçaient pour quasiment disparaître même si les marques d'amitié étaient toujours présentes.
Et finalement si aujourd'hui tous tes amis sont si différents les uns des autres, c'est parce que tu as besoin de cette diversité pour te construire et appréhender l'avenir.

Donc là tu as peur. Que se passera-t-il le jour où tu te retrouveras à nouveau célibataire ? Comment compenseras-tu cet échange de couple qui t'aide à aller de l'avant ? Le feras-tu à travers les quelques personnes qui te sont le plus chères ? Seront-elles prêtes à servir de tampon chaque jour, à chaque instant ? Ou alors te reporteras-tu sur un seul et même complice qui devra assumer tous tes états d'âme ?
A moins que tu doives te retrouver seul, ne compter que sur toi-même pour construire un nouvel équilibre plus sain, moins porté sur ceux qui t'accompagnent.

Lorsque tu commences à te perdre dans une amitié à laquelle tu veux croire, il y a toujours quelque chose qui te montre que personne ne te ressemble complètement, que la fusion de couple idéale n'existera jamais non plus en amitié, qu'il est difficile de faire aveuglément confiance sans y perdre des plumes. De plus en plus tu t'aperçois que tu n'as pas tant que ça les mêmes idéaux que ceux qui te déclarent si souvent de belles choses. La solution est peut-être d'accepter ces différences en se disant qu'elles sont légitimes, à moins qu'elles s'amenuisent petit à petit pour après quelques années donner une nouvelle force à ces relations. Ou alors tu n'as peut-être tout simplement pas trouvé celui ou celle qui te comprenne parfaitement et qui soit prêt à partager tes envies, ta curiosité trop ciblée et pas toujours accessible, tes coups de sang inattendus et qui te font du mal. La condition humaine frappe toujours trop fort !

"Le Loup", une amie perdue

dimanche 19 août 2007

L'île de la boudination

Le haïku du jour : Le vent qui souffle - Du sable dans les fesses - Du sel dans les yeux

Cher Sylvain,

Une nouvelle journée de travail se termine, nous sommes le 15 août et tu as dû passer l'après-midi au bureau pour finaliser les projets délicats du moment. Tu ne sais pas encore s'il est sérieux de maintenir le petit week-end prolongé que nous avions prévu depuis quelques semaines. Puis c'est à 23h que tu décides de quitter Paris sur le champ, après un passage éclair à ton appart histoire de récupérer tente, piquettes et sac de couchage. La nuit fut courte mais on est euphorique lorsqu'à 8h le lendemain matin, la voiture ronronne doucement malgré un coffre plein comme jamais.

Pour la deuxième année consécutive, on se retrouve quelques heures plus tard au beau milieu de l'Île de Ré, entre sable, marais et pistes cyclables. Parce qu'il faut préciser qu'on a plein d'idées tous les trois : si le soleil ne souhaite pas nous fouetter de ses rayons douloureux, on trouve une solution de secours que nous allons modestement baptiser "tonicité et mises en bouche". En effet, on aura passé ces quatre jours de détente le cul sur un vélo à arpenter l'île de toutes parts, butinant de villages en plages douillettes, de marchés locaux en paysages saisissants... Mais point de volonté de combattre le gras des cuisses dans toute cette histoire : les efforts de la journée étaient très largement compensés par les innombrables apéros givrés, glaces, gaufres et autres gourmandises qui nous faisaient perdre la tête.

Au final, l'effet escompté est là : on oublie les petits tracas sous le soleil discret des vacances, entre soirées confessions et situations absurdes, tout est parfait ! D'ailleurs, on a décidé de ne plus te lâcher puisque tu devras nous accueillir dans quelques jours à Paris pour une soirée jap/théâtre/crêpe/vélib. Ça ne vaut pas les célèbres soirées ciné/sodo de ton amie Lilly mais c'est bien quand même.

Moumoune et Florence, tes amies

lundi 30 juillet 2007

Folle amitié, je me souviens

Le haïku du jour : Mais elle nous relie - La route qui emmène - Les peines et joies

Cher Sylvain,

Je n'avais pas encore eu l'occasion de pointer le bout de mon nez ici, pourtant je pense quand même y avoir ma place. Depuis un an très exactement, on ne se voit presque plus alors qu'on venait de passer douze mois collés l'un à l'autre à partager fous rires et soirées parlottes.

Je suis l'une de tes rares amies à te connaître plus que ce que je ne laisse penser. On s'est rencontré un peu par hasard, par des amis communs, sans vraiment partager plus de choses que quelques vannes et joutes bien placées. Et puis le bac en poche, on a vécu notre première année de fac à quelques mètres l'un de l'autre, dans deux petites studettes qui nous voyaient passer toutes nos soirées ensemble : courses extra-économiques de début de semaine, départs coups de tête en centre-ville le soir au lieu de bosser, moments de discrétions lors du coup de fil quotidien avec mon chéri jaloux de l'époque, chorés improvisées pour se réchauffer dans des apparts où les radiateurs allumés coûtaient trop chers, des souvenirs au petit goût de nostalgie...

Et puis après deux ans où nos routes se sont séparées, cette petite semaine de vacances camping en 2003 aura donné le ton pour la suite : on est vraiment compatibles pour les délires impromptus qui ne font rire que nous. L'apothéose, c'était il y a deux ans lorsque j'ai eu l'honneur de devenir ta deuxième colocataire, celle qui ne ressemblait ni à la première, ni à la troisième. La banlieue idéale qui t'accueillait depuis plus de deux ans s'est bien sûr inclinée devant mon débarquement. Je pense alors avoir explosé le quota de salive ayant vu le jour à la Maison du Bonheur ! Les rituels du quotidien étaient rythmés par les coups de folie qui nous ont toujours liés.

Je suis partie il y a tout juste un an pour vivre en Province avec celui qui partage ma vie depuis un petit bout de temps. Tu as déménagé pour t'épanouir à Paris et tourner la page de tous ces moments trop douloureux à se remémorer, parce qu'insousciants et tellement bons. Forcément on se voit moins, mais on reste l'un pour l'autre ces deux amis qui s'aiment et ont tant partagé. A suivre notre route, on y perd forcément un peu de bonheur, c'est le plus dur à accepter !

Christelle, ton amie et deuxième colocataire

mercredi 13 juin 2007

Une ère défaite par un air frais

Le haïku du jour : Le vent qui passe - Les rires qui montent si haut - Et éclatent gorgés

Cher Sylvain,

J'étais considérée comme une petite boudeuse, celle qui n'aimait rien et faisait la tête. On ne se connaissait pas bien, juste par l'intermédiaire d'amis une ou deux fois par an. Mais depuis quelques mois les choses ne sont plus les mêmes. Cette chère Moumoune avec qui je partage d'intenses efforts sportifs, de course ou de natation, nous aura permis de se redécouvrir.

Aujourd'hui je ne suis plus la même personne. On me dit toujours de bonne humeur, rigolote, charmante et naturelle. Et lorsque nos petits restos à trois se transforment en crises de fous rires incontrôlées, je donne l'impression d'avoir bu trop d'alcool, on ne comprend plus rien à ce que je raconte tandis que les gens dévisagent. C'est exactement le genre de moments qui manquent à tous les névrosés qui nous entourent, les moments qu'on ne recherche pas mais qui font tellement de bien quand ils nous tombent dessus. Dimanche soir, on partageait ce petit dîner en terrasse, quelques verres, quelques pizzas graisseuses, mes anecdotes défilent, Moumoune fait sa Moumoune, les joues tirent fort et l'estomac se contracte, on oublie tout.

C'est une belle rencontre qui promet d'autres moments hors du temps et si précieux. Les amis partent tandis que d'autres viennent, avec des envies et des enjeux différents, qui ne nous apportent pas les mêmes choses mais assomment une routine qui n'a plus le temps de s'installer. C'est peut-être cette diversité dans nos relations qui appelle la sérénité, non ?

Eloïse, une nouvelle amie

dimanche 10 juin 2007

La jarretière qui nous enterre

Le haïku du jour : Et le coeur se serre - Fait couler les souvenirs - La bague est au doigt

Cher Sylvain,

On se connaît maintenant depuis presque dix ans. Lorsque notre petit groupe d'amis s'est formé dans ce petit lycée de province, il n'était destiné qu'à subir les caprices du temps, et ne rester que l'un des nombreux groupes d'amis qui nous font vibrer à l'âge de quinze ans. Pourtant, il y avait quelque chose de particulier entre nous six, des fous rires partagés dès la première rencontre, un jeu de séduction que tu as subi à l'aube d'une nouvelle orientation sexuelle, des confidences et autres moments qu'on n'oublie pas. C'est lors de ce tout premier cours de maths commun que la grande Stéphanie s'est associée à mon sex-appeal légendaire pour une vraie leçon de drague. Elle n'aura eu pour conséquence qu'humiliation et énervement de la part de ta binôme de l'époque.

Petit à petit, tu as partagé mes aventures, d'amants incertains en amours invincibles, d'interros douloureuses en défaites de tous les jours... C'est au moment où tu as quitté la région que ma vie a peu à peu changé, sans que tu sois présent pour en comprendre l'évolution. Bien sûr on est resté en contact, mais année après année, nos péripéties quotidiennes se sont transformées en échanges virtuels bimestriels. Et la fêlure a pris tout son sens il y a quelques mois lorsque je t'ai annoncé la date officielle de mon mariage.

Tu ne connaissais donc pas avant la cérémonie celui qui partage ma vie depuis plusieurs années. D'ordinaire, mes chéris et objets sexuels me ressemblent, dynamiques, ingénus et ouverts aux autres. Mais comme le veut toujours l'histoire, une douloureuse rupture m'a incité à chercher le complémentaire plutôt que la ressemblance. Désormais, tu risques d'avoir un peu de mal à réaliser que cet inconnu est devenu mon mari et que les souvenirs innocents de notre amitié post-pubère ternissent sous le poids des grains de riz, à la sortie de l'église.

Nous restons proches l'uns de l'autre par ce qui nous a toujours uni, mais touchés par les dégâts des engagements que je ne pouvais plus ignorer. On a plus tendance à suivre le mouvement dans les campagnes, c'est bien pour ça que tu ne comprends plus toujours ce qu'il se passe au fond de moi. C'est aussi pour ça que la vie parisienne t'est plus adaptée : moins de questions, plus de diversité, moins de chemins tracés. S'il te plaît, sois heureux pour moi, toujours.

« Luplup », ton amie

jeudi 7 juin 2007

Jeux réjouissants et joutes sous-jacentes

Le haïku du jour : Jette fort les dés - Ils te cassent et se perdent - Tu passes ton tour

Cher Sylvain,

Malgré la cinquantaine de jeux de société qui t’ont été offerts durant ta jeunesse, tu n’arrives toujours pas à t’épanouir au contact de certains d’entre eux. Un jeu n’est plus amusant pour beaucoup de tes amis du moment où tu décides de t’y impliquer et de faire respecter les règles élémentaires (dont certaines sont pour la plupart inventées par tes soins).

Cette fâcheuse tendance à jouer les « Maître Capello » des petits chevaux t’aura valu de nombreuses altercations, dont j’ai parfois moi-même été le protagoniste. Ce fut notamment le cas durant ce week-end d’octobre 2006 où nous avons passé quelques jours ensemble, à profiter du Futuroscope et autres animations locales, et qui aura été l’occasion de partager une nouvelle partie de « Uno Barbie, California Wave ». Bien entendu, ce jeu comporte de nombreuses règles que chacun se plaît à tourner en sa faveur. Je me souviendrai toujours de cette tension palpable entre ton chéri et toi-même qui n’étaient pas d’accord sur certains détails de la notice, Vincy qui s’amusait à donner un nom à chaque Barbie représentée sur les cartes, pendant que je boudais pour avoir été lésé sur le comptage des points… Ah j'oubliais, en fond, on t'obligeait à subir un « Sex and the City » complètement brouillé par une mauvaise réception télé, juste pour t'embêter. Quelle ambiance !

Du coup, les Barbies de ce « Uno » auront eu raison de nous, on ne leur a pas fait prendre l’air depuis ce jour-là ! Je comprends mieux pourquoi depuis tu t’es retourné vers ta console de jeux, au moins personne ne peut contrer tes règles, celles qui sont si douloureuses et que personne n’accepte !

Manupouce, ton ami

lundi 28 mai 2007

Le va-et-vient qu'on n'oublie pas

Le haïku du jour : Je cligne des yeux - Quand le plaisir me sourit - Et j'ouvre le sien

Cher Sylvain,

Quand j'ai une idée en tête, difficile de ne pas l'assouvir. Trop de frustrations m'ont empêchée de m'épanouir comme je l'aurais aimé, je refuse désormais de ne plus aller au bout de choses !

Aujourd'hui comme tu le sais, je devais vivre une expérience profonde, très profonde. J'ai décidé de prendre les choses en main pour pénétrer les recoins les plus obscurs de l'inconnu, celui qui fascine et donne des frissons. Mais le chemin est douloureux et escarpé, marqué par la sécheresse et l'humidité qui s'alternent constamment. Je dois trouver ma place pour goûter à de nouveaux horizons, ceux que je ne connaîtrai jamais parfaitement et qui m'interpellent depuis longtemps. J'ai pris les mesures qui s'imposent, acquis les outils pour mener à bien cette petite aventure, collecté quelques informations essentielles auprès des connaisseurs et préparé le terrain pour qu'il m'accueille le mieux possible.

Tu ne sauras peut-être jamais si j'ai mené à bien cette mission et si mes interrogations les plus intimes ont trouvé une réponse ce soir. Mais en ayant anticipé la route vers les sombres profondeurs de l'être humain, j'ai idéalisé un « guilty pleasure » qui m'aura valu de nombreux moments de bonheur, rien qu'en y pensant, rien qu'en y entrant...

Vaness, ton amie

mercredi 23 mai 2007

Patience, la reine nous attend...

Cher Sylvain,

Tu sais, tu n'as pas le monopole des bons plans ! Lorsque je t'ai proposé de réaliser une petite vidéo de quinze secondes pour un concours organisé par mon travail, tu ne mesurais pas encore les aboutissants du projet. Finalement, c'est plutôt ton truc, tu as enchaîné petits clips et parodies depuis l'âge de douze ans avec tous tes cousins et voisins. Et lorsqu'il y a cinq ans tu as pris la voie du multimédia et de l'audiovisuel, tu as pu t'épanouir dans un milieu pour lequel tu t'es pris d'affection très jeune.

Finalement ce concours était un prétexte à utiliser toutes les ressources humoristiques de tes amis, avec Lilly et Vincent en guest stars, lorsque tu étais en vacances au ski avec eux. On obtient alors une vidéo vantant un produit de la société pour laquelle je travaille, mais avec la petite touche de folie qui vous caractérise. Au final, cela vous aura permis de décrocher la deuxième place et de remporter cinq-cent euros à vous partager.

C'est l'occasion pour vous de profiter à coût réduit d'un petit week-end de trois jours à Londres, et vivre de nouveaux moments inoubliables. L'organisation se met en place, l'euphorie monte tout doucement, dans un mois, vous roulerez à gauche ! Merci qui ?

Marjorie, ton amie et colocataire

mardi 15 mai 2007

Gloires et déboires

Le haïku du jour : Cette paillette - Qui éblouit la raison - Et nous domine

Cher Sylvain,

On a au moins ce point commun d'apprécier les moment de gloire, sans humilité aucune, et avec tout le plaisir qu'apporte un peu d'admiration dans ce monde de solitude. Les conséquences n'en sont pas pour autant glorieuses mais elles ont le mérite de donner confiance en soi pour devenir meilleur.

Malgré tout, nous avons respectivement subi quelques rendez-vous manqués... Je n'ai encore jamais eu l'occasion de me faire connaître dans la chanson malgré des tentatives somme toute quelque peu inavouables. Tu étais sélectionné pour un shooting contrat mannequin, afin d'être affiché en quatre par trois dans toute la France pour vanter les mérites d'un grand parc d'attractions ; séance annulée pour raisons budgétaires.

Nous avons quand même le privilège de cotoyer ceux qui fascinent légitimement ou non le grand public. J'ai vécu quelques étages au-dessus de deux célèbres chanteurs français dont je pouvais profiter des vocalises matinales et salutations des célèbres amis invités lors des dîners mondains. Tu as rencontré et travaillé avec de nombreuses personnalités du monde de la télé lors de tes différents jobs.

La première consécration ne se fait plus attendre. Tu as fait la couverture d'un hebdomadaire spécialisé il y a un an. De mon côté je suis en pleine construction d'un avenir prometteur dans le milieu du spectacle, où le quotidien défie mon énergie la plus marquée pour me faire voyager aux limites de la raison. Dans quelques semaines j'aurai peut-être l'opportunité d'asseoir ce rêve de comédien à l'aide d'une formation complémentaire à mes acquis. Tu seras alors obligé de compenser mon absence comme il se doit, la gloire n'y pourra rien changer...

Vincy, ton ami

mercredi 9 mai 2007

Quand l’ineptie lie l’esprit

Le haïku du jour : Les soirées passent et - Hors du temps on le construit - Ce rocher du coeur

Cher Sylvain,

Comment justifier de tels élans de conneries lors de nos soirées entre amis ? Comme je le dis si bien, j’ai l’impression de posséder « le QI d’une huître » quand on se lance dans nos divagations effrénées.

C’est sur les pistes de ski avec Vincy ou chaque descente de télésiège est ponctuée par une mélodie définie en début de journée. C’est lors d’un dîner où une chorégraphie improvisée nous métamorphose jusqu’à l’euphorie. C’est lorsqu’un petit moment de démence entraîne tout le groupe à faire la queue pour toucher les seins de Doudou. C’est après quelques verres d’alcool en trop ou la décontraction amène la chute. Bref, c’est quand je donne l’impression de débarquer d’une autre planète beaucoup trop régulièrement…

Et même si ça ne compense pas les difficultés et doutes qui font de mon quotidien un purgatoire exacerbé, ça le rend meilleur. Les moments passés tous ensemble ne sont pas aussi fréquents qu’on l’aimerait, mais ils restent mémorables pour des tas de raisons, celles qui nous lient et promettent encore de beaux moments à partager.

On en rit, mais on nourrit surtout un idéal d’amitié qui prend tout son sens lorsqu’on se comprend sans plus de superflu. Ca dépasse de très loin l’ignorance de ceux qui condescendent. Une petite poignée d’individus liés par des âneries aussi inénarrables que les nôtres, c’est quelque chose de rare. Save the Lilly’s touch, save the world !

Lilly, ton amie

dimanche 6 mai 2007

Cette douce douleur qui leurre les doutes

Le haïku du jour : Même si j’ai mal - Ces âmes qui me portent - Sont l’espoir qui sauve

Cher Sylvain,

Ca ne semble pas évident au premier abord, mais nous ne vivons pas les événements qui nous entourent de la même façon. Cela est sans doute dû aux expériences qui nous ont blessés et forgés depuis toujours.

J’ai le sentiment d’avoir douloureusement vécu des relations compliquées, des événements qui me dépassaient, des défis impossibles à relever. Et même si aujourd’hui je me suis construite à travers ces épreuves, je suis touchée comme jamais des bouleversements dans lesquels je me sens impliquée.
De ton côté, les moments difficiles faisaient moins partie de ton quotidien, tu n’as pas eu de raisons évidentes qui justiferaient une éventuelle remise en question. Que ce soit au niveau de ta famille, de tes relations, de tes études, de ta sexualité, tu t’es construit sans grandes embûches, à tel point qu’il t’arrivait de te sentir coupable de tant de confort et hasards chanceux. La réputée douloureuse période de l’adolescence ne nous aura donc pas offert les mêmes promesses pour l’avenir.

C’est peut-être pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui, je prends très à cœur les choses qui m’entourent, les défis que je choisis de relever, l’environnement dans lequel je vis. J’ai beaucoup de mal à accepter toutes les choses pour lesquelles j’étais indifférente dans le passé, comme si je m’en voulais de m’y intéresser trop tard. Mais même si je n’en suis pas du tout consciente, j’ai réussi à donner de moi une image saine et qui forge l’admiration.

Aujourd’hui, tu te sens lié à moi par les engagements que je me fixe, comme si tu voulais vivre à nouveau toutes les émotions qui t’ont touché lors de tes premières révoltes, tes premiers coups durs, tes premières incompréhensions. On dirait que cette politique qui étouffe n’aura pas eu la même valeur à nos yeux.

Et si tu vis avec beaucoup plus de sérénité que moi le monde qui nous entoure, c’est peut-être qu’au fond, tu n’as pas le courage de t’impliquer trop en profondeur dans des systèmes qui blessent, qui secouent, qui ne laissent pas indifférents. Je dégage sans le savoir une envie de réflexion et de mise en danger, qui contraste indubitablement avec tout le glamour et le sex-appeal dont je suis l’incarnation. Décidément, il est fort dommage que je n’appréhende pas tout le potentiel de fascination qui me caractérise à tes yeux. M’en servir à bon escient pourrait m’aider à « positiver » ce qui me détruit aujourd’hui.
A force de croire au bonheur, tu crois que je mérite de le vivre pleinement ?

Vaness, ton amie

vendredi 4 mai 2007

Turlupinades et balourdises des campagnes

Le haïku du jour : Tripes qui font mal - Mais pas de coulées rouges - Juste du bonheur

Cher Sylvain,

Une tranche de rigolade, ça se déguste sans impunité, avec beaucoup de bon sens, et en ma compagnie bien sûr ! Il est humainement impossible de dénombrer les incroyables crises de fous rires que je déclenche malgré moi. Telle une Eve Angeli de la campagne profonde, je multiplie les maladresses et mots qui font mouche. Mais sans que je m’en aperçoive, cette naïveté qui me caractérise me rend sans doute attachante.

Lorsqu’on a eu l’opportunité de partager ensemble ce petit job d’été, nous n’avions pas encore vingt ans. Entretenir et classifier la totalité des ouvrages de la petite commune dans laquelle nous avions toujours vécu pouvait sembler récalcitrant. Mais pourtant, lorsque je suis arrivée à bicyclette le premier jour de travail, jupe courte, bas résilles et collier de plumes, tout en exprimant un jovial « Salut les garçons… », c’était le début d’une grande aventure.

Randonnées pédestres dès huit heures le dimanche matin, vacances hivernales en auberge de jeunesse où la douche de la chambre n’a pas tenu le choc, week-ends surprenants en camping improvisé, restos beaucoup trop arrosés sans se soucier des murmures et regards qui dévisagent, la liste des inoubliables euphories dont je suis l'héroïne est longue. Car c’est bien la force de ce que l’on partage, tel un retour aux origines, on vit pour le meilleur sans se soucier des « on dit » et autres principes qui gâchent le quotidien…

Lorsque samedi dernier tu m’as tendu une bonne cuillère de mayonnaise en me la présentant comme une appétissante crème à la vanille, j’ai rendu hommage à mon éternelle insouciance tout en augurant un avenir radieux d’impérities et de surprises. Je fais le souhait de rester LA référence ultime en matière d’expressions tordues et d’accent solognot, afin de préserver mon statut de mascotte et d’être citée à chacun des repas que tu partages avec tes amis parisiens. Vive mes tétons qu’on n’oublie pas !

Moumoune, ton amie

mercredi 25 avril 2007

Quelques sous ternes sous terre

Le haïku du jour : Toujours étourdi - Des notes qui s’envolent - Un sourire chaud

Cher Sylvain,

Lorsque je te vois arriver du fond du couloir, mes doigts perdent la mesure des morceaux qui résonnent sur les murs. Nous nous connaissons depuis presque un an maintenant sans pour autant échanger plus de mots que : « Bonjour » ou bien « Merci »…

On pourrait dire que nous sommes unis par les cordes de mon drôle d’instrument. Il me permet d’exprimer toutes les belles choses que je suis capable de faire à travers la musique. Et c’est peut-être aussi une façon pour moi d’apporter un peu de vie sur cette longue correspondance à la station de métro Concorde.

Quelques cordes qui font vibrer les murs, jamais plus d’une note par seconde, un résultat surprenant et inattendu, c’est peut-être grâce à ça que tu fais systématiquement tinter le sol d’une petite pièce lorsque tu me croises. Et si mon remerciement est embelli d’un exotique accent asiatique, c’est pour offrir à ton quotidien un peu de légèreté.
A demain ?

« Lady Shar Ming », musicienne RATP

mercredi 11 avril 2007

Etats d’âme à consommer bien chauds

Le haïku du jour : Et si tout changeait - Bien qu’un exil me guette - On gâcherait quoi ?

Cher Sylvain,

Quand on tâche de mettre en commun nos expériences sentimentales, ça manque de cohérence. Malgré quelques moments de doutes et de nouvelles expériences, tu as concrétisé tes envies les plus profondes et masculines dès l’âge de dix-sept ans. De mon côté, l’expression de mes envies est réduite à néant puisque je suis soit dans l’exagération, soit dans le silence. Toi, tu aimes, tu baises, tu partages, tu découvres. Moi, je cherche, je veux, je n’ose pas, je ne sais plus.

Quand on partage une soirée ensemble, c’est pour se faire découvrir l’inconnu. C’est plutôt agréable de décrypter de nouveaux endroits, de nouvelles personnes, de nouvelles voix… Ce soir, c’était au CinéAqua que mon amie Little nous a chanté ses petites histoires lors d’un showcase très « aquatique ». Et lorsque sa douce voix fait vibrer la poiscaille de l’aquarium géant qui lui sert de fond de scène, on peut se targuer de vivre ensemble un atypisme bel et bien réel.

Quand tu tentes de me faire passer du côté obscur de la force culturelle, ça ne fonctionne pas. J’ai toujours préféré les blockbusters américains aux films d’auteur français. Il est donc logique que je sois plus sensible aux séries US des grands networks qu’à celles des réseaux câblés. Je n’ai probablement pas conscience de l’impact que peuvent avoir les petites perles télévisées qui rythment tes soirées. Et ce soir, alors que tu vibrais devant le season finale de The L Word, je n’avais toujours pas conscience de son incroyable succession de plans sublimés, la force authentique de ses personnages et de son vrai pouvoir d’addiction. Un jour, mes goûts seront à la hauteur de mon potentiel en matière de réussite !

Quand on est uni par une passion qui nous dévore, on se sent bien. Et il y a quinze ans jour pour jour, tu assistais avec dépit à l’énième gala de danse de ta petite sœur de sept ans, pendant que dans le salon familial, le magnétoscope tournait à plein régime. Cette cérémonie d’inauguration que tu attendais depuis si longtemps n’a jamais quitté ta collection de tes vidéos fétiches. C’était sur TF1, Disneyland ouvrait ses portes aux nombreux passionnés qui partagent nos vies aujourd’hui, sans savoir qu’il t’apporterait tant de bonheur par la suite. Demain, on fêtera ensemble les quinze ans de ce lieu si particulier qui nous a fait se rencontrer, en espérant perpétuer d’au moins quinze ans supplémentaires les amitiés dont il est le fondateur.

Quand on parle de tout ça, on construit de belles choses…

Kinoo, ton ami

lundi 9 avril 2007

Une amande à lire à tête reposée

Le haïku du jour : La voix en plein cœur - On éclate à en mourir - Euphorie du soir

Cher Sylvain,

Amanda nous en aura fait voir de toutes les couleurs. Quand il y a huit jours, les murs de ton salon résonnaient aux douces résonances de son tube légendaire Métamorphoses, je ne me rendais pas encore compte de tout le chemin parcouru depuis notre rencontre.

Lorsque j’ai rejoint notre petit groupe d’amis il y a plusieurs années, je peux aujourd’hui te confesser la crainte éprouvée lors de nos différents contacts… Je ne savais pas comment me comporter avec toi, ni si tu avais un peu d’estime pour ce grand mec désarticulé qui sautait un peu partout. Il faut dire qu’à l’époque, je n’avais aucune identité sexuelle, je m’étais très rapidement lié avec des personnes desquelles tu étais proche, je vivais plutôt mal les centaines de kilomètres qui me séparaient de Paris, et l’euphorie qui rythmait les retrouvailles de notre groupe d’amis n’était pas spécialement propice à la construction d’une nouvelle amitié.

Les années ont passé, l’été dernier je me suis dévoilé au monde entier, et on a enfin eu l’occasion de partager quelques beaux moments lors du dernier jour de l’an. Depuis, tout s’est enchaîné, tu me connais beaucoup mieux et réciproquement. On se sentait enfin prêts à partager de nombreux moments délirants avec le reste du groupe…

Dimanche dernier, cette nouvelle relation a pris tout son sens. L’égérie des Français, Amanda Lear, a su déclencher les fous rires et autres moments de folie qui font tant de bien. Son déhanché légendaire lors du deuxième refrain de Métamorphoses est bel et bien unique en son genre ! Grâce à une subtile harmonisation des mouvements entre hanches, cuisses, bras et poignets, le résultat est tout simplement inimitable. Et pourtant, on aura tenté le coup une bonne partie de la nuit, mais rien à faire, Amanda restera une icône à tout jamais.

Avec quelques heures de recul, j’ai quand même retenté le coup dans les backstages du fast-food qui m’exploite, mais le résultat n’était pas non plus très probant. Quoiqu’il en soit, on peut aujourd’hui affirmer que la voix rauque d’Amanda et la souplesse de ses articulations savent scinder une amitié, et font oublier tout le reste le temps d’une soirée. Merci à elle d’avoir ouvert la porte à cet avenir si prometteur…

Thomas, ton ami