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vendredi 28 septembre 2007

Holidays and sex !

Cher Sylvain,

Tu es très peu loquace ces jours-ci, mais l'essentiel mérite d'être vécu pleinement ! Il est l'heure de quitter nos logis douillets pour explorer de nouvelles contrées... Retour le 11 octobre. California, here we come !

Jonathan, ton chéri

mercredi 5 septembre 2007

Deux quotidiens qui s'affrontent

Le haïku du jour : Je dors et tu cours - Tu tombes et te relève - Moi je reste au lit

Cher Sylvain,

Les billets sont achetés, on part à San Francisco dans trois semaines environ. Entre temps mon stage de fin d'études s'est terminé, mes journées sont donc consacrées à ce foutu mémoire. Mes insomnies ont repris le dessus, je m'endors au petit matin. Impossible de trouver l'hôtel parfait pour nos vacances, ah ça y'est je crois que j'ai trouvé. Je ne sais pas quoi manger ce soir, j'ai déjà fait des pâtes hier soir. J'ai peur qu'on s'ennuie en restant dix jours dans la même ville, peut-être qu'un périple dans toute la Californie serait mieux approprié. J'aimerais bien profiter d'un petit câlin vendredi soir, mais mes insomnies couplées à tes bruyants ronflements risquent de rendre la nuit infernale...

Et toi tu vis à cent à l'heure, tu continues à faire du sport le matin. Les journées passent à une vitesse folle, les projets s'accumulent sans te laisser le temps de souffler. Les nouveaux iPods te rendent complètement dingue, tu en as rêvé cette nuit. Tu supportes mes insatisfactions chroniques, mais tu es tout aussi chiant à ta manière. Tu te remets à lire dans les transports, et maintenant tu joues à la Wii la nuit tombée. Tu avais l'appart à toi seul depuis trois semaines, il va falloir faire du ménage. Tu m'aimes ?

Jonathan, ton chéri

dimanche 5 août 2007

Secrets de campagne

Le haïku du jour : Un bisou caché - Mais la porte s'ouvre - Et tu me dis chut

Cher Sylvain,

Les oiseaux chantaient, les étoiles scintillaient dans un ciel que je ne connaissais plus, le soleil se reflétait dans ma peau si claire... Seulement, les bestioles pullulaient, la selle de mon vélo n'était pas confortable, les repas pseudo-familiaux étaient gênants... Bref, ce week-end à la campagne n'aura finalement pas été de tout repos !

Même si j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer tes parents et ainsi partager quelques morceaux de ta vie familiale, je n'arrive toujours pas à m'y faire. Comme dans une mauvaise émission de télé-réalité, je me sens en danger à tout moment, guettant la moindre gaffe faite par tes amis ou les petites allusions de ton entourage. A vivre caché, on n'arrive pas à en profiter malgré les nombreuses activités que tu te plais à me concocter. Lorsque le soleil tapait un peu trop sur mon bon sens, c'était le moment d'un petit saut dans la toute jeune piscine de cette maison de campagne qui est désormais la tienne.

Finalement, le confort douillet que procure un contexte familial sain et protecteur fait toute la différence. On en oublie les difficultés de la semaine pour se laisser immerger par une ambiance dépaysante comme il faut. Tu pourrais t'estimer heureux, il y a finalement assez peu de personnes qui ont l'opportunité de vivre dans une famille comme la tienne, où tout semble agréable et facile. Qu'est-ce qui t'empêche alors de briser les tabous et faciliter un peu plus les rencontres que je suis amené à faire ? Ta soeur et tes parents te connaissent parfaitement, ils savent tout, ils sont là et t'offrent le confort que beaucoup t'envient. Du coup ça ne donne pas envie de tout bousculer, je peux le comprendre. Mais d'autres que moi auraient sérieusement pu se vexer dans une situation similaire. Finalement je suis peut-être plus facile à vivre que j'en ai l'air !

Jonathan, ton chéri

jeudi 19 juillet 2007

Toutes les femmes de ta vie

Le haïku du jour : De jolis cheveux - Mais tous ces seins t'étouffent - A mort le téton

Cher Sylvain,

12 ans : Premiers titillements au coeur, Pépette t'en fait voir de toutes les couleurs. C'est l'année où tu es passé de l'intello bouboule au pré-ado mauvais séducteur. Mais Pépette n'était pas la bonne. Malgré quelques mots doux qui t'ont fait valoir une ou deux insomnies, elle a préféré aller voir ailleurs. Peut-être que tes camarades de colo l'ont dégoûtée de toi, sans doute à cause de tes manières de garçon pas trop viril.

13 ans : Cette fois, c'est la bonne. C'est Binocle qui t'offrit ton premier baiser, près des ascenseurs du Science Museum à Londres, niveau 0. S'en sont suivies quelques semaines de coups de langues cachés et autres maladresses. Ton manque d'implication l'aura lassé. Dommage, c'était une chaude cette fille-là, elle envisageait déjà gâteries buccales et autres petits plaisirs de jeunesse.

14 ans : Le lycée t'accueille en beauté avec une classe de 2de composée d'une trentaine de demoiselles en rut. Parmi elles, Chaufette et Cernasse se disputent pour faire battre ton coeur, tu choisis Chaufette. Le seul souci, c'est qu'elle demandait déjà les mensurations de tes attributs trois minutes après le premier bisou. Tu n'as pas tenu le choc, une semaine avec sa main collée sur la cuisse, il fallait arrêter le désastre.

15 ans : Petits bisous en boîte avec Biquouillette, ça n'ira pas plus loin. C'est au tour de Mimiche de débouler, elle te fait vivre quinze jours de non passion, tu avais beaucoup de mal à t'impliquer. Pourtant tu as quand même souffert quand elle a rompu, mais la fierté t'a empêché de revenir vers elle quand elle a réclamé une seconde chance.

16 ans : Après trois ans d'amitié, la Chips fait son entrée dans l'arène, fossettes aux joues et poitrine bombée. Vous avez réussi à vous voir trois fois en deux mois... Non non et non, tu n'y trouvais pas ton compte...

De 17 à 20 ans : Il a bien fallu se résigner. Tu connaissais ta voie depuis toujours mais tous ces échecs étaient indispensables pour ne rien regretter. Et là tu as rencontré ton premier vrai grand amour... Lilo, celui qui a tout changé...
Quelques mois après, il y en a un autre qui a pointé son bout, il aura réussi à faire son petit effet lui aussi, d'ailleurs il fait encore partie de ta vie il me semble.

21 ans : Il a quand même fallu que j'arrive au moment où personne ne s'y attendait ! Je ne suis quand même pas très futée quand j'y pense. Même si je suis attirée par les mecs un peu "précieux", j'aurai du sentir que notre relation allait finir en eau de boudin. A 27 ans, j'enchaînais les tours de scène. Je t'ai d'ailleurs remarqué dans le public du spectacle où je m'époumonais plusieurs fois par jour. En fait, j'étais celle que tu attendais, ta première relation hétérosexuelle depuis que tu savais ce qu'était une vraie relation amoureuse. Il fallait que tu essayes... une dernière fois...
Finalement, au quotidien c'était plutôt bien. Je nous trouvais plutôt touchants tous les deux, difficile d'ignorer les bons moments. Par contre, quand la soirée tant attendue fut venu, tu as très vite compris que la minette, ce n'est franchement pas pour toi ! On en sera donc resté à quelques douces et coquines caresses... Tu étais gêné, j'étais touché par ta maladresse... Une semaine après, j'en apprends plus sur ton vécu amoureux, on décide alors de tout arrêter.

Je suis donc devenue la dernière fille à avoir partagé une relation intime avec toi. Tu as d'ailleurs raison d'être reconnaissant, je m'en suis plutôt bien sortie au final. Mais tu as très vite tourné la page pour enfin profiter des relations que tu ne pouvais pas complètement assumer auparavant. D'ailleurs on dirait que ça va mieux depuis le temps, non ?

Mimi, ton ultime petite amie

vendredi 13 juillet 2007

Injuste sans être injustifié

Le haïku du jour : On passe à côté - D'un bonheur déjà présent - Droit de réponse

Cher Sylvain,

Ma conception du couple, c'est avant tout de s'aimer. Sainement. De partager les choses qui nous ont réunis, d'avoir le coeur qui se serre et le cerveau en ébullition lorsqu'on ressent les mêmes convictions sur le monde qui nous entoure. D'être attentif à lui, ouvert aux autres. De lui demander d'être là quand on en a besoin. De baiser tous les jours pour toujours mieux apprécier ce qui était déjà très bon au départ. De parler beaucoup, des choses futiles, essentielles quand elles le méritent. De l'admirer, donner et recevoir, se confier dès le moindre doute sur son avenir, ses amis, ses fantasmes. De partager. Physiquement, mentalement, intimement. Absolument. D'améliorer, ensemble, le terrain conquis jusque là. (...)

Et pourtant je vois les choses d'une autre façon. J'ai aujourd'hui conscience que ma conception du couple est idéaliste, qu'elle n'existe pas. Mais à force de croire à cet idéal de fusion, n'y a-t-il pas un risque de passer à côté de l'essentiel ? Celui qui vainc le temps et fait évoluer le couple en quelque chose de différent ? Si aujourd'hui mon coeur ne bat plus autant, il reste les coquineries sous couette, passions partagées, efforts d'adaptation qui ne sont plus vraiment des efforts, moments doux et rigolos... beaucoup de choses finalement... Dommage que l'espoir ait choisi de me laisser tomber alors que la sérénité et la confiance n'ont jamais été aussi prometteuses. A moins que j'ai moi-même pris parti de laisser tomber l'espoir. Je ne peux rien y faire...

Amen.

Jonathan, ton chéri

lundi 4 juin 2007

La lettre écrite sous la mer

Le haïku du jour : Sans passé commun - Juste un contact incertain - Je m'oublie à toi

Cher Sylvain,

Souviens-toi. Janvier 2003, nous étions de retour de Londres, séparés par quelques sièges de cet Eurostar qui filait sous la neige et le vent. Moi, jeune Polytechnicienne, je venais de quitter mon copain londonien de l'époque pour quelques semaines ; toi, éphèbe insouciant, tu avais passé quarante-huit heures à arpenter une capitale qui te poursuivra toujours. Epuisée par un long week-end, j'ai rédigé ces quelques lignes en te regardant dormir, à quelques mètres de moi. Et lorsque de retour à Paris nous sommes descendus du train, cette lettre aura été notre tout premier contact.


L'incendie de Londres (Moi sans toi)

Londres est à nouveau ravagée par le feu, mais cette fois ni les hauts quartiers, ni les bas quartiers, ni les docks ne sont atteints. Personne ne s'aperçoit de rien. Toi non plus, car tu dors. Une flamme rôde autour de mes portes condamnées, roussit les rideaux de mes fenêtres entrouvertes, ronge mes mains qui repoussent l'une après l'autre.

C'est une histoire d'amour pour piano et guitare, une fumée sans feu, un feu sans intérieur, rampant dans les douves, une flamme qui lèche le téléphone et brûle dans le dos de mon enfance endormie.
-Pendant ce temps, tu dors aussi- Je te maudis, toute ta vie tu seras mort. Ne crie pas, c'est inutile, personne ne te croira. Jamais je ne te rendrai le destin que je t'ai prêté.

L'incendie sera circonscrit aux flammes des allumettes ou des briquets qui allumeront des cigarettes qui t'apaiseront trois secondes et la fumée de ces cigarettes aura le goût des poèmes que d'autres m'inspireront.
Car c'est irrémédiablement, moi sans toi, toi sans moi, et toi et les autres, rien que les autres, qui t'inquiètent, jusqu'à ton dernier battement de cils.

If you speak a little bit of french, I hope you'll understand a part of this poem I wrote while you were sleeping. I don't know where you go and where you come from, but it was fun to imagine it. If you wish to meet people in Paris to introduce you in great party places, don't hesitate to call.


Claire, l'ex-inconnue de l'Eurostar

dimanche 20 mai 2007

Des âmes gavées d'amour

Le haïku du jour : La tête perdue - Une lueur s'assombrit - L'organe tendu

Cher Sylvain,

Tu t'endors un samedi après-midi au Monoprix, mon sommeil tarde toujours autant à venir la nuit quand tu es près de moi. Tu joues et déjoues mes lubies dévastatrices, je pense et dépense mon énergie à ne pas me laisser dépasser. Ton coeur s'emballe quand je nous improvise une nuit d'amour en semaine, je me sens déchargé d'une pression impalpable quand je rentre chez moi. Tu écartes ma chair pour atteindre les tissus vitaux qui constituent mon coeur, je le sens qui se serre lorsqu'un élan d'affection cherche à le titiller.

Mais la vie suit son cours... De courtes virées en vilaines courses au bonheur, il n'y a qu'un pas.
Je râle, tu ris, je pense, tu fuis, je suce, tu jouis, on vit, on survit, on s'aime quand même, on s'aime comme il faut, on devrait s'aimer, oui ?

Pendant ce temps, ils se répandent et ouvrent la porte à bien des supplices. Les liquides qui se répandent dans nos veines font battre l'organe, celui qui n'oublie rien et fait vibrer le quotidien des supplices du passé. Si je n'hurle plus, c'est que mes lèvres sont collées par le venin des ex qui ont tant fait souffrir. Tu en paies les conséquences, serre les dents et tais-toi ! Il faut me mériter.

Jonathan, ton chéri

jeudi 19 avril 2007

Le diable n’éteint plus l’étincelle

Le haïku du jour : Moins de longs moments - On admet sans y penser - Il cogne plus fort

Cher Sylvain,

Printemps 2005 Au commencement, les moments passés ensemble étaient très fréquents. Malgré les quarante-cinq kilomètres qui nous séparaient, j’ai tout de suite accepté ma condition professionnelle de « non actif » afin de goûter le plus possible aux joies des premiers instants… Je quittais alors la capitale pour te rejoindre dans cette banlieue surfaite et protectrice. Tu étais surpris de cet acharnement dont j’étais le protagoniste, l’heure et demi de transport qui nous empêchait de vivre pleinement notre amour n’était qu’un détail.

Hiver 2005 Puis j’ai enchaîné mémoire et stage, mon emploi du temps s’est progressivement chargé, j’ai tâché de ne plus vivre autant par procuration vis-à-vis de toi. On se voyait tout de même un soir par semaine ainsi que le week-end, gérant tant bien que mal les légères retombées qui égratignent l’euphorie des débuts.

Printemps 2006 Malgré les trois mois qu’il te restait à vivre à quelques kilomètres de Paris, le célèbre stage de fin d’études t’a amené à passer de nombreuses nuits chez moi, dans cette petite chambre névrosée, entouré des chattes les plus énormes du 14e et des parents les plus inexplicables. C’est à ce moment-là que j’ai exprimé pour la dernière fois l’amour que je te porte.

Automne 2006 Quand tu as emménagé à dix minutes de chez moi, je me suis dit que tout serait plus simple. Mais ma nouvelle condition professionnelle associée à une mauvaise gestion des névroses qui m’assaillent aura eu raison de ce rapprochement que tu imaginais. Hormis quelques soirées culturelles communes qui rythment notre semaine, je t’accorde une soirée et un bout de week-end dans mon agenda éclectique.

Et pourtant, malgré toute cette frustration que tu ressens, j’ai le sentiment que ça ne tend qu’à assainir ce que l’on vit. Mon cœur recommence à battre les premières secondes où l’on se retrouve, même si tes petits caprices et obsessions étouffantes limitent la propagation du bonheur. Petit à petit, tu me manques à nouveau lorsqu’on ne se voit plus, je cherche ta chaleur protectrice lorsque mon corps se réveille à tes côtés, je ne suis plus réfractaire à quelque chose de différent. Je n’aime toujours pas les surprises, mais elles font du bien quand on les accepte… Seulement, suis-je capable de m'en rendre compte ?

Jonathan, ton chéri

dimanche 15 avril 2007

Chimère nocturne amère et bien dure

Le haïku du jour : Les sens se brouillent - Une évasion qui surprend - Un réveil mouillé

Cher Sylvain,

Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois jeudi soir, je n’imaginais pas éprouver de telles choses en si peu de temps. La nuit couvrait de sa sombre couverture les lumières du chaos et nos yeux se sont croisés. Les premières paroles n’avaient pas réellement d’importance, mais on savait alors qu’il se passerait quelque chose d’inattendu.

Sur fond de montagnes russes et clair de lune feutré, les quelques minutes passées ensemble à discuter de tout et de rien étaient perturbées par cette tension sexuelle qui nous faisait oublier tout le reste. Une envie charnière, un sentiment de culpabilité vis-à-vis de Jonathan, une remise en question de tout ce qui t’entoure, un réel désir de ne plus réfléchir et vivre l’instant présent…

Quand on est arrivé chez toi, je me suis rapproché, tu t’es laissé faire. Pourtant, je ne suis pas du tout ton type : trop baraqué, un visage dur malgré des yeux polis et coruscants, une retenue imperceptible, bref… un gros dur qui effarouche. Et d’ailleurs quand tu as découvert mon organe majeur, aux dimensions disproportionnées et intégralement autolubrifié, un appétit corporel incontrôlable faisait vibrer les moindres parties de ta chair. Les mots que nous avons alors échangés ne faisaient qu’accroître cette envie de caresses et tâtonnements coquins.
Puis Jonathan est entré dans la pièce d’à côté, empêchant toute tentative d’adultère. Il n’a pas compris, tu n’as pas remis les pieds sur terre tout de suite, j’ai subitement disparu…

Pourquoi ai-je eu autant d’influence sur tes pensées les jours qui ont suivi ? Finalement, tu souffres peut-être des trop rares moments d’attention qui forgeaient ta relation au départ. L’amour de ton couple n’est plus le même que celui que tu vois chaque jour autour de toi. Ces égarements nocturnes compensent cette admiration qui n’est plus si perceptible qu’avant dans les yeux de celui que tu aimes.

Depuis, j’ai laissé place à d’autres protagonistes plus légers dans les aventures qui rythment ton sommeil. Et même si tu ne t’es pas réveillé le boxer mouillé depuis vendredi matin, l’intervention d’Emilie Simon cette nuit en valait largement le détour. Sa mère a même tenu a vous accompagner pour tondre la pelouse de la maison dans laquelle vous viviez ensemble. Parfois, quand on voit ça, il y a de quoi avoir envie d’être insomniaque !

Mister Big, l’amant de ton rêve du 12 avril 2007

vendredi 23 mars 2007

Deux ans, ni désuets, ni désolants...

Le haïku du jour : Le début est loin - Ce couple nous anime - Et le temps passe

Cher Sylvain,

Cette vidéo qui m'a bouleversé l'an passé n'aura pas de suite. On préfère désacraliser cette célébration pour la rendre moins pesante. J'en profite donc pour m'évader à l'étranger le temps d'un week-end avant de te retrouver au commencement de notre troisième année. Elle s'annonce imprévisible et chargée de moments qu'on n'oubliera jamais.

Je déteste les anniversaires...

Jonathan, ton chéri

mardi 6 mars 2007

Petits fantasmes entêtants

Le haïku du jour : Telle une mélodie - Elle respire et macule - Foutue obsession

Cher Sylvain,

J’avoue que je ne me souviens pas du tout de notre première rencontre. Immergé au milieu de dizaines d’individus, tu ne m’avais pas marqué plus que ça. Et je n’aurais jamais imaginé avoir le rôle que j’ai aujourd’hui dans ta vie. Il faut dire que ce soir-là, l’amour qui se dégageait de ton couple mettait un terme à toute éventualité relationnelle entre nous. Puis, si j’ai bien compris, tu as commencé à faire une mini obsession sur ma personnalité, petit à petit. Après avoir effectué quelques recherches sur mon passé via le net, tu as découvert photos et autres infos sur mes passions, mon caractère, ma vie, mon entourage, etc.

Et malgré quelques salutations hasardeuses lors de nos rencontres fortuites, ce n’est que quelques mois plus tard que tu as réellement osé prendre contact. Il est difficile d’imaginer que tu n’avais aucune convoitise me concernant, mais c’est pourtant de cette façon que tu t’es présenté à moi. Je ne savais pas qu’il t’arrivait régulièrement de faire des obsessions sur des jeunes hommes qui ont croisé ton chemin, alors même que tu n’es pas célibataire.

Même si ta vie de couple est épanouissante et que tu n’as jamais été à l’encontre de tes principes concernant la fidélité, tu as besoin d’avoir des défis amoureux, même si tu sais qu’ils n’aboutiront pas. Lors de chacune de tes relations, tu as plus ou moins ouvert des portes sur des fantasmes dans lesquels tu t’évadais. Aujourd’hui, celui qui partage ta vie est conscient de tes pseudo obsessions me concernant, mais il ne le prend pas vraiment à cœur. Il aurait d’ailleurs tort de le faire vu que tu ne sauterais jamais le pas et que tu n’envisages pas de relation ouverte, fort heureusement.

J’imagine que si tu es intrinsèquement attiré par moi, c’est qu’on a beaucoup de choses en commun et un vécu similaire. Mais je ne m’en suis pas encore rendu compte, et d’ailleurs je crois bien que je n’ai aucune attirance te concernant. Finalement, les choses sont plus simples comme ça. Tu n’es pas tenté et on continue à vivre sans influence l’un sur l’autre. Si on passe à côté de quelque chose, le destin nous le fera bien savoir un jour ou l’autre…

"Shawn", ton fantasme du moment

vendredi 16 février 2007

Con de St Valentin

Le haïku du jour : Tradition du cœur - Vivons-là différemment - Pas vraiment souhaitée

Cher Sylvain,

Vraiment je crois que je déteste cette fête plus que toutes les autres ! De toute façon, un râleur ne peut pas être convaincu par la force fédératrice de la St Valentin, c’est beaucoup trop surfait.

Au-delà de ça, on a vécu notre premier 14 février il y a déjà deux ans, alors que nous n’étions pas ensemble. Autour d’un bon Big Mac à St Michel, c’était l’époque où nous apprenions encore à nous connaître et où l’avenir semblait si prometteur. L’année dernière, on a tenu à instaurer le thème « Bouffer jusqu’à en crever » histoire de vivre notre passion différemment. L’Hippopo de Val d’Europe doit encore se souvenir du défilé de gratin dauphinois à volonté ce soir là… Cette année, les envies sont différentes, la lueur qui nous rapproche vacille sans cesse, mais le thème était bien respecté. Un bon burger fourni au PDG rive gauche, suivi d’une crêpe chocolat amandes et un copieux Mc Flurry histoire de tasser tout ça, ça ne peut pas faire de mal.

Etait-ce notre façon à nous de compenser ce qui ne nous anime pas autant que les autres ? Non, je crois qu’on avait juste envie de se faire plaisir sans se soucier du reste, c’est plutôt un bon état d’esprit. Il y a quelques semaines encore, je tenais plus que tout à me laisser envahir par cette insouciance qui ferait du bien à notre couple. Aujourd’hui je ne sais plus vraiment ce que je veux. Je me sens emprisonné mais protégé, étouffé mais désiré, consumé mais estimé…

Par moment, l’avenir que je nous imagine est incertain, empli de doutes qui font de l’ombre à un espoir qui m’échappe. On sera toujours présent l’un pour l’autre, mais de quelle façon ? L’amour doit-il s’imposer au détriment d’une stabilité dont j’ai besoin, ou doit-il s’éclipser pour laisser place à des sentiments plus constructifs ? La vie continue…

Jonathan, ton chéri

samedi 13 janvier 2007

Confessions pas si nocturnes

Le haïku du jour : Un amour de soie - Vers un avenir incertain - Il n'y croyait pas

Cher Sylvain,

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Parfois, je ne sais pas si j’ai moi-même du mal à caractériser notre relation, ou juste si je n’ai pas envie de t’en faire partager mes ressentiments. Après tout, nous vivons de beaux moments chaque jour, mais malgré tout je continue à te montrer à quel point l’amour que je te porte n’est plus le même.

Je compte toujours autant pour toi, je le ressens profondément. J’aimerais t’aimer comme au premier jour. Je n’ai jamais su maîtriser les liens entre la tête et le cœur. Je fais mine de comprendre comment je fonctionne mais finalement je n’en sais rien. J’ai vécu des amours passionnés et destructeurs auparavant. Je ne suis plus capable de m’impliquer émotionnellement même si ça en vaut la peine.

Chaque nuit, mes pensées me consument, l’insomnie prend le pas sur l’apaisement et je perds contrôle de ce que je suis. Ces deux derniers jours, c’était bien entre nous. Câlins, séries TV, jeux malins et orgasmes coquins, c’est plutôt un bon concept. Tu me l’as déjà dit, on a tout pour être heureux, alors soyons-le ! Mais ce n’est pas si simple, je ne suis pas si simple. Les jours se suivent, on se connaît par cœur et on s’écorche de moins en moins. Finalement, c’est plutôt bien ce qu’on vit, non ?

Jonathan, ton chéri

samedi 6 janvier 2007

Deux ans de subjectivité alternative

Le haïku du jour : Notre potentiel - Il ne le perçoit jamais - Mais perce mon cœur

Cher Sylvain,

Je ne sais pas vraiment à partir de quand je peux dire que tu as fait partie de moi. Quoiqu’il en soit, nous nous sommes rencontrés pour la première fois il y a exactement deux ans. Comme tu le sais, ce n’est pas ce jour-là qui m’a le plus marqué dans notre histoire. Je me demande vraiment ce qui t’a pris de t’habiller si mal ! On dit que la première impression est toujours la bonne, heureusement que cette phrase pleine de bon sens ne s’est pas confirmée cette fois-ci. Il ne faut pas forcément suivre les conseils vestimentaires de ses amis, en tout pas ceux de Vincy !

Notre relation n’est finalement pas si instable. On fêtera nos deux ans de copulation dans un peu plus de deux mois, difficile à croire. Malgré tout l’optimisme avec lequel tu défends ce que l’on vit, les doutes m’assaillent chaque jour, les sentiments tirent la raison vers le bas, et je ne sais plus ce que j’attends de notre histoire. On pourra dire ce que l’on veut, les conflits n’existent plus, la différence a pris leur place. Difficile à croire, mais tous les points communs qui nous ont rapprochés les premiers temps deviennent moins importants que ce foutu décalage de perception qui nous oppose chaque jour.

Cependant, il serait peut-être bon pour moi de souffler sur les nuages. Les couples qui durent n’ont jamais la même perception de la vie, tu me le dis souvent. Je suis quelqu’un de particulièrement difficile à cerner, aux attentes atypiques. Cette différence me pèse et m’oppose à mon entourage. La notion de subjectivité prend alors tout son sens, et je dois me sentir compris pour m’épanouir.
Si tu n’apportes pas autant d’importance à cette subjectivité, je vais devoir la prendre moins à cœur. Voilà les enjeux pour notre couple, voilà en quoi est représenté l’espoir auquel tu te raccroches.

Après tout, notre quotidien est plutôt agréable. L’amour est une valeur qui ne me parle pas, qui ne me parle plus, qui me parlera ? J’ai trop de choses à régler pour apprécier les bons moments. Mais j’y arriverai, cela en vaut la peine. Tu en vaux la peine.

Jonathan, ton chéri