Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche


lundi 9 juillet 2007

Un sacré coup de show

Le haïku du jour : Le rideau monte - Les lumières se taisent - Et les yeux brillent

Cher Sylvain,

Difficile d'imaginer que quelques comédiens sur scène et une mise en scène originale puissent autant bouleverser. Depuis toujours accro aux comédies musicales made in London & Broadway, j'ai multiplié les allers-retours à Londres ces dernières années pour découvrir leurs nombreux shows. C'est d'ailleurs mon côté addictif qui t'a marqué lorsqu'on s'est rencontré au boulot il y a trois ans. Quand j'aime quelque chose, je le vis à fond, on est un peu pareil de ce point de vue, même si je bats des records !

Mais il y a toujours des shows qui marquent plus que d'autres. Le dernier en date est très particulier : "Wicked", prequel du célèbre "Magicien d'Oz". Lorsque tu as assisté à cette comédie musicale il y a quinze jours en compagnie de quelques amis, tu n'imaginais pas une seconde pouvoir être touché à ce point. Pourtant je t'avais prévenu, il s'agit bel et bien d'une expérience à part entière, bien loin de celles qui rythment tant bien que mal nos salles de spectacle en France. On est face à la perfection incarnée, où le mot "spectacle" prend tout son sens : des voix à couper le souffle, une mise en scène magique, des musiques mélodieuses au possible, une histoire qui prend aux tripes... La fin du premier acte tombe comme une claque, tu fonds en larmes tellement c'est beau !

Cette culture d'outre-manche n'est pas du tout la même que par chez nous, difficile de comparer. Les musicals rythment le quotidien des londoniens, tout est grandiose, les gens sont beaux, les salles majestueuses, les lumières enivrantes, on ne peut que se prendre au jeu. Ca n'a jamais existé ici, ceux qui ne connaissent pas ne peuvent pas comprendre. Raison de plus pour multiplier les petits périples au coeur de cette capitale qui fait briller les pupilles et nous fait tout oublier. On s'y sent bien, on voudrait ne plus en partir... et revoir chaque soir cette petite pute d'Elphaba qui nous touche comme jamais...

Audrey, ton amie

mardi 19 juin 2007

Quand Stéphane courbe un coeur qui cogne

Le haïku du jour : Découverte intense - Sa voix qu'on n'oubliera plus - Un petit plaisir

Cher Sylvain,

Tu l'as découvert par hasard il y a une quinzaine de jours. Assis à la table d'un bar d'hôtel, tu ne savais rien de ce qui allait se passer, si la soirée à venir allait être plaisante, déconcertante ou décevante. Depuis qu'on se connaît, tu as l'habitude de m'emmener dans une multitude de spectacles en tout genre, pour lesquelles tu as eu des invitations et sans que l'on sache à quoi s'attendre. Cette fois-ci, c'est un site culturel qui t'a proposé de passer un moment en compagnie d'un jeune chanteur et de son univers. Et... ce soir-là... tu t'es envolé...

Séduit par les interprétations du beau jeune homme qui livrait pensées et émotions à un public sous le charme, tu m'as proposé de découvrir ses chansonnettes la semaine qui suit. Et c'est donc vendredi dernier que toi, ton chéri, et moi-même nous sommes rendus au Théâtre des Blancs-Manteaux pour le concert de Stéphane Corbin.
Etrangement, je ne me suis pas senti vraiment proche de son univers, mais plutôt de celui de ses musiciennes, dont l'incroyable Julia qui m'a touché au coeur. Mais te concernant, tu t'es à nouveau laissé emporter dans les mélodies et histoires d'un chanteur qui noue la gorge, s'invite dans nos vies, mais emmène loin du quotidien sans se prendre au sérieux. La voix qui enivre, le regard qui pénètre, les jolis mots qui font frissonner par leur profondeur infinie, le temps s'arrête, tu t'envoles à nouveau...

Au final, même s'il le mérite plus que tout, tu n'es même pas sûr de souhaiter à Stéphane Corbin une carrière populaire si la finalité réside dans un public plus conséquent mais moins proche de l'essentiel. Au moins tu garderas pour toi cette découverte pour en profiter encore et encore, et revivre l'intensité des premières soirées passées près de lui.

www.stephanecorbin.com

Vincy, ton ami

jeudi 17 mai 2007

Et l'art est apparu...

Le haïku du jour : On n'y pense pas - Et il nous ouvre les yeux - Très grand les yeux

Cher Sylvain,

Cet intérêt pour l'art sous toutes ses déclinaisons possibles, tu n'étais pas en mesure de l'appréhender il y a encore cinq ans. Tu faisais partie de la toute première promo de cet IUT qui aura changé beaucoup de choses dans ta vie. C'est après avoir perdu confiance en toi suite à une douloureuse année en fac de maths que tu t'es révélé à travers les cours qui t'étaient enseignés dans ce pôle de communication visuelle. Tu as pu approfondir tes notions d'informatique, découvrir l'audiovisuel sous un angle professionnel et surtout, t'initier aux arts graphiques dans un contexte assez original.

J'ai toujours pris le parti de décortiquer les beaux arts et l'art contemporain avant d'enseigner les logiciels de graphisme à mes élèves. Plutôt que de savoir bêtement créer tous types de visuels (vidéos, animés, dessinés), le but est d'apporter un sens au produit fini en passant par une phase de réflexion artistique. L'importance de l'équilibre entre les formes, la compatibilité de certaines couleurs, le luxe de l'espace, le double sens qu'il est possible de signifier, etc. L'art contemporain comme guide de création graphique, ce n'est pas de cette façon que les autres profs d'arts numériques voient les choses. Et pourtant...

Aujourd'hui, tu es touché par des choses qui t'indifféraient dans le passé, et beaucoup plus à même d'analyser une image en comprenant ce qu'il s'y passe et quelles en sont les significations les plus profondes. Dans les quelques expos que tu visites chaque mois, la démarche artistique d'une oeuvre peut te toucher au point de bouleverser les idéaux auxquels tu croyais. Tu en ressors un peu différent, un peu meilleur ?

Ce n'est pas un hasard si aujourd'hui tu as pour but de devenir Directeur Artistique dans un milieu qui te passionne. Cet intérêt pour l'image a pris tout son sens lorsque nous avons vécu de beaux moments d'apprentissage. Dans ces salles de cours qui vous accueillaient plusieurs heures par semaines, tes camarades et toi, le temps semblait s'arrêter sur une découverte qui devait tout changer. Oui, l'art aura tout changé.

« M. Pomme+C », ton ex-professeur d'art numériques

samedi 12 mai 2007

La passion d'une vie

Le haïku du jour : On les a suivis - Avec le coeur et l'envie - Les petits hommes gris

Cher Sylvain Cette foutue recherche de vérité aura au moins eu le mérite de changer beaucoup de choses sur nos vies respectives. Lorsqu'en 1993 la série « The X-Files » débarque sur la FOX, impossible alors d'imaginer l'ampleur que prendra le phénomène partout dans le monde. Ce n'est pas une vulgaire série fantastique mais bel et bien un bijou télévisuel qui a su donner le ton à de nombreux successeurs : la première série « premium » nouvelle génération.

Une réalisation soignée, une lumière et une image sublimée, un double sens évident dans de nombreuses thématiques abordées, des personnages riches de sens, rien n'est laissé au hasard. Et même si pour le grand public ça ne reste qu'une série fantastique, les initiés dont nous faisions partie prenaient un plaisir évident à décortiquer les épisodes au fil des saisons, trouvant sans cesse de nouvelles métaphores de la part des scénaristes. Certains ouvrages écrits quelques années après la première diffusion de la série ont su analyser les points forts d'un programme très vite érigé au rang de série culte.

Nous étions alors à l'époque les acteurs de la plus grande communauté d'admirateurs concernant une série télé, le plus grand fan-club d'Europe tous thèmes confondus. Internet ayant vu le jour durant la même période, c'est dans l'excitation la plus totale que nous avons rencontré des fans de tous horizons, aux profils extrêmement différents, et avec qui nous n'aurions jamais pu tisser des liens similaires si la série n'avait pas existé. Fédératrice dans le traitement des thèmes abordés, « The X-Files » nous aura permis de nous rencontrer et de vivre aujourd'hui une belle amitié.

Et si avec du recul tu as le sentiment d'avoir mûri au rythme de la série, c'est bien parce qu'elle t'a accompagné durant les doutes existentiels de l'adolescence. Plus qu'un pilier à l'époque, elle était l'instigatrice de ta nouvelle vie d'adulte, te faisant voir la vie différemment, t'offrant un nouveau groupe d'amis qui t'a apporté beaucoup de belles choses, qui t'a fait prendre confiance en toi pour devenir qui tu es aujourd'hui. Maintenant que cette époque est révolue, il n'est plus possible de retrouver les mêmes émotions dans les séries qui nous divertissent chaque jour. Malgré toutes leurs qualités, la plupart d'entre elles reprennent les valeurs élémentaires de « The X-Files » et les adaptent plutôt bien à leur sujet, mais la saveur est différente et l'impact moins profond. Finalement, on se sent tout de même privilégié lorsqu'on débusque les nombreux clins d'oeil assumés ou non dans toutes ces nouvelles séries. Si seulement les gens savaient...

Muriel, ton amie

vendredi 6 avril 2007

Des pouvoirs qui indiffèrent

Le haïku du jour : Elle nous effleure - Exclusion qui nous guette - Mais c’est mieux comme ça

Cher Sylvain,

Il y a des moments où la subjectivité des gens en dit long sur leur faculté d’être trop souvent influencés par les éléments environnants. Ca commence fort… Depuis qu’on vit ensemble, la quasi-totalité des soirées que nous avons passées tous les deux sont rythmées par le duo gagnant : série US / tisane qui fait du bien. On a vécu de beaux moments de panique, de rires, voire bien souvent de fantasmes à travers tous les programmes cultes dont on entend parler un peu partout depuis quelques années.

Mais pour la première fois, on n’arrive pas à comprendre la liesse générale que provoque la série Heroes depuis le mois de septembre. Certes, l’intrigue est plutôt divertissante, certains personnages sont plus ou moins attachants, mais on a quand même affaire à une série bien moins intéressante que toutes celles qui nous animent quotidiennement ! Quand on entend autour de nous que l’histoire est passionnante et qu’il se passe beaucoup de choses, c’est à se demander si on parle du même programme. Je pense même qu’il serait facile de résumer les douze premiers épisodes en moins de dix lignes tellement ça avance lentement. Heureusement que la beauté naturelle du sublime Peter Petrelli donne un peu d’intérêt à l’ensemble !

Et pourtant, l’opinion publique est bel et bien contre nous. On a l’impression de revivre le phénomène de société qu’a suscité Lost il y a presque trois ans. Pourtant, on est dans le même cas de figure, les téléspectateurs vénèrent la série sans savoir qu’il existe tellement de choses plus originales du côté de la concurrence. Les moutons suivent la masse, celle qui annonçait avant même le commencement que Heroes cartonnerait partout dans le monde. L’influence est telle que ces dits moutons trouvent réellement la série originale, et c’est bien cela le plus triste.

Bon il est inutile de s’acharner plus longuement, c’est un combat perdu d’avance. Je préfère vénérer dans mon coin Six Feet Under, Carnivàle, The L Word et autres Veronica Mars, ces séries qui touchent au plus profond sans laisser ce petit goût de trop peu à chaque fin d’épisode. Oui, ces sacrés phénomènes de mode font passer beaucoup de belles choses à la trappe quand on y pense !

Majorie, ton amie et colocataire

dimanche 18 mars 2007

Mélodies parsemées d’égarement

Le haïku du jour : Et il se cache - Pour des projecteurs qui rient - Le soleil s’endort

Cher Sylvain,

Je ne sais pas si je ferai éternellement confiance à tes drôles de goûts en matière de culture. Malgré toutes ces passions qu’on partage et qui nous unissent, tu m’as ouvert à de nouveaux univers que je ne connaissais pas et réciproquement.
J’ai ainsi pu redécouvrir l’art contemporain en parcourant de nombreuses fois les galeries du Tate Modern durant mon exil Londonien, tu t’es aperçu de l’incroyable complexité sémiologique que peuvent avoir les auteurs qui me passionnent, on a élargi notre culture musicale commune grâce à la curiosité qui nous anime, etc. Notre relation est plus que constructive de ce point de vue.

Et surtout depuis qu’on se connaît, on aura au moins eu le mérite de découvrir un peu plus en profondeur la scène culturelle française de ces derniers mois. Art contemporain, théâtres, concerts, spectacles, la liste des soirées auxquelles on a assisté est plutôt longue. Le hasard fait bien les choses, on s’est chacun retrouvé dans des jobs qui nous permettaient d’assister à de nombreux événements culturels. Je me souviens encore de cette période où trois à quatre soirs de la semaine étaient intégralement consacrés au petit rituel qu’on avait su s’approprier : dîner sur le pouce, découverte d’une nouvelle salle de spectacle parisienne, guichet des invitations, pourboire à la placeuse, et show time !

Vendredi soir, c’est la chanteuse RoBeRt qui nous a divertis depuis l’espace Pierre Cardin. Bon sur ce coup-là, je t’ai sans doute un peu trop fait confiance. A me vendre son originalité et le décalage de son univers proche des grands délires de Camille, j’y suis allé en toute innocence. Mais cette drôle de voix de tête est vite devenue compliquée à endurer… L’univers de la chanteuse était plutôt enivrant, l’admiration de ses fans intriguante, les sièges confortables, mais il fallait s’accrocher pour le reste !
J’ai passé de meilleurs moments devant les concerts plus accessibles de Gotan Project, Melissa Mars, Emilie Simon ou Gregory Lemarchal. Ton petit coup de cœur pour Jamie Cullum ne m’aurait sans doute pas touché mais j’ai peut-être eu tort de décliner ton invitation ce soir-là…

Bref, mes oreilles recommencent tout juste à fonctionner, j’ai fini par croire que ça rendait vraiment sourd. RoBeRt est aujourd’hui l’exemple idéal concernant mon raisonnement sur la subjectivité. Ce dernier prenait d’ailleurs tout son sens lorsque la quantité effroyable d’admirateurs à la sexualité controversée hurlaient à la mort : « On t’aime RoBeRt ! », sur fond de mélancolie musicale addictive. On aura tout vu !

Jonathan, ton chéri

mercredi 28 février 2007

Jusqu’au bout de l’effroi

Le haïku du jour : Du fond de l’âme - Tout y est devenu flou - Le bon sens n’est plus

Cher Sylvain,

Je ne suis finalement que très peu surpris de l’impact qu’a eu mon dernier film sur ta bonne santé mentale. J’ai l’impression qu’Inland Empire provoque des réactions bien différentes sur le public : incompréhension, addiction, dégoût, sacralisation, rejet, etc.

Après ton visionnage de lundi soir, tu me dis avoir subi comme un décalage avec ta vie, un étourdissement qui a commencé au début du film pour ne finir que le lendemain matin. Remettant en cause les fondements mêmes de la narration, des sentiments humains les plus intimes et de l’esthétique du glauque, tu as complètement perdu pied pour ne plus savoir à quoi te raccrocher.
Je pense que ce genre d’expérience est relativement rare, heureusement d’ailleurs ! En rentrant chez toi, tu n’avais plus goût à rien : pas envie de manger, de regarder la télé, de jouer, de dormir, de lire, de parler, d’écrire… Juste une vague sensation de flou qui te monte à la tête et inhibe tes sens. Le mal de gorge qui te détruisait depuis deux jours est alors devenu la seule perception sensorielle du domaine du définissable. Tout le reste n’était qu’abstraction.

Lorsque vers quatre heures du matin, tu n’avais pas encore sommeil, tu as commencé à paniquer. Non seulement tu n’avais toujours aucune envie, mais des hallucinations prenaient le dessus alors que tu te sentais conscient et éveillé. Ta peau devenait rêche, tu entendais très distinctement le bruit de la mer au fond du garde-manger, le moindre bruit devenait assourdissant. Bref, sans le vouloir, tu étais le personnage d’un de mes films.

Je ne sais pas si je dois me féliciter ou m’excuser de t’avoir provoqué autant d’émotions. Au final, tu ne sais pas toi-même si mon film t’a plu ou non, si tu l’as compris comme tu l’aurais dû. Cette expérience de cinéma n’est pas vraiment jugeable… Quoiqu’il en soit, même si cette foutue grippe et le stress dû à tes derniers projets professionnels n’arrangeaient pas les choses, tu as eu le sentiment d’être au centre de mon univers sans réussir à t’en détacher : envie de rien, paumé, étourdi, envoûté, éprouvé, invincible… Que s’est-il passé ?

David Lynch, réalisateur du film « Inland Empire »

jeudi 22 février 2007

Des planches un peu trop familières

Le haïku du jour : Elles jouent sur scène - Coup de cœur bien assumé - Elles me font du bien

Cher Sylvain,

Nous avons appris que tu nous as à nouveau fait faux-bond mardi soir en te tournant à nouveau vers la concurrence. Certes, «Post-It» est une pièce très bien écrite, drôle, dynamique et jouée par des comédiennes excellentes, mais tu l’as déjà vu six fois en un an ! Pour mémoire, il nous semble que tu n’as vu que deux fois le second opus d’«Arrête de pleurer Pénélope !». Et même si on comptabilise tes cinq participations au premier spectacle, tu ne peux pas perdre la main maintenant. Réfléchis, on commence tout juste à être vraiment reconnues pour nos talents d’auteurs et de comédiennes, une fois de plus tu as senti la tendance dès son origine, tu dois alimenter ta réputation de dénicheur en chef !

Finalement, on ne sait toujours pas pourquoi tu te sens si proche de nos personnages. Cette pièce est plutôt destinée à un public féminin, tu ne dois pas vraiment savoir ce que c’est de « se faire ramoner pendant trois heures, commençant à être légèrement irritée et à te dire que tu es en train de louper ton cours de claquettes »… En tout cas, pas de la même façon…
Mais si nos quelques passages télé te font mourir de rire, que tu as des crampes systématiquement en sortant du spectacle et que tu ne peux pas t’empêcher d’avoir un bond au cœur quand on entre sur scène, c’est que ça doit te toucher d’une façon ou d’une autre. Ou plus simplement, tu es le seul mec intégralement réceptif à notre humour, et ça c’est tout à ton honneur.

Quoiqu’il en soit, on attend avec impatience de te revoir dans le public du théâtre Fontaine. De la reconnaissance, on n’en a pas toujours comme on en voudrait. Tu auras eu le mérite de faire connaître notre pièce à beaucoup de gens et pourrir la vie de beaucoup d’autres en multipliant les répliques cultes et discrètes allusions. « C’est quoi cet article de merde qui ne marche pas et qui ment, merde ! » Merci.

Juliette Arnaud, Corinne Puget et Christine Anglio, auteurs et comédiennes de la pièce de théâtre « Arrête de pleurer Pénélope 2 ! »

jeudi 8 février 2007

Deux contemporains pour un septième art

Le haïku du jour : Une toile vit - Et émerveille les sens - Point de non retour

Cher Sylvain,

Il y a de longues périodes pendant lesquelles on ne trouve rien d’intéressant à découvrir au ciné, et d’autres fois où on se prend une petite claque non préméditée !

Me concernant, elle a eu lieu la semaine dernière, sur les conseils éclairés de ce cher Jérôme. Ce n’est pas un film, c’est autre chose, un univers, un petit moment d’inattendu qui fait du bien : Cashback.
Comme tu me l’as dit, ce film touche par son innocence et ses émotions. Des scènes qu’on pourrait juger comme étant très classiques nous ont fait monter les larmes. Pourtant, on ne sait pas vraiment pourquoi ! Parfois, le processus d’identification est tellement fort à travers un personnage qu’on se sent habité par les images qui défilent. Mais là c’est différent. On se sent proche des protagonistes sans vraiment savoir pourquoi, comme hypnotisé par une évidence qui nous transperce. Les images sublimées font le reste, on s’envole… Certes on note tout de même certaines longueurs scénaristiques mais ce n’est franchement pas important à côté de la force intrinsèque d’un univers tellement particulier, comme on n’en voit pas si souvent.
Et puis soyons honnêtes, le jeune Sean Biggerstaff ne gâche franchement rien ! Il exciterait le plus converti des convertis (à savoir moi).

Ton autre révélation, c’est Little Children, mais pour des raisons différentes. Je comprends qu’on ne soit pas touché par les mêmes choses que notre entourage. Chacun trouve dans un film l’émotion consciente qu’il recherche. Les critiques aiguillent mais ne correspondent franchement pas à ton vécu. Tu trouves ainsi de beaux moments dans des films qui au premier abord ne semblent pas mériter une attention particulière.
Concernant Little Children, je ne sais pas vraiment ce qui a pu te toucher, mais c’est peut-être mieux comme ça. A garder pour soi certains décrochages émotionnels, on se constitue un cocon indispensable au bon sens.

La prochaine surprise viendra-t-elle du nouveau Lynch ? On ne le saura peut-être pas…

Kinoo, ton ami

dimanche 4 février 2007

Trop de tout, trous en trop

Le haïku du jour : A trop en faire - On pourrait en oublier - Un essentiel vrai

Cher Sylvain,

VENDREDI :
Série TV The L Word - Dessin animé Kuzco, l’empereur mégalo - Jeu vidéo Yoshi’s Island
SAMEDI :
Emission TV +Clair - Série TV Rome - Goûter Starbuck’s - Théâtre Big Manoir - Resto Hippopotamus Montparnasse - Nuit « pleine d’amour »
DIMANCHE :
Série TV Weeds - Goûter Mc Do - Sortie Visite guidée de l’Île St Louis - Jeu vidéo Diddy’s Kong Quest - Série TV Angels in America - Série TV The L Word - Jeu vidéo Yoshi’s Island - Série TV Dirt

Oui, c’était plutôt un week-end comme les autres en fait. Finalement, tu es un très bon client de tout ce qui se fait de bon comme de mauvais dans le domaine de la culture et du divertissement. Et même si on n’a pas partagé l’intégralité de ces différentes activités, je dois avouer que je suis extrêmement influençable par toutes tes m…, euh, tous tes goûts divers et variés. Heureusement, tes amis et ton chéri prennent souvent la relève pour t’accompagner dans tes petits délires culturels, histoire que je souffle un peu !

Allez, une nouvelle semaine de travail commence pour me changer les idées avant le week-end prochain !

Marjorie, ton amie et colocataire

lundi 15 janvier 2007

-Pas si on- assume

Le haïku du jour : Une forêt bleue - Longue série qui sourit - La drôle de vie

Cher Sylvain,

Et dire que je suis le précurseur de tous ces trucs idiots pour lesquels tu t’es passionné ! C’est vrai ça, quand on y pense, ta démarche est toujours la même. A l’époque, tu étais un petit garçon de quatre ans et tu ne vivais que pour moi. Attendant impatiemment le samedi soir pour suivre mes aventures sur Antenne 3, tu passais ton temps à collectionner les pots de miel dans l’espoir de me rencontrer un jour. Je me rappelle très bien ta réaction le jour où un courrier personnalisé estampillé de mon nom est arrivé jusque dans tes petites mains.

Voilà, tu vis les choses intensément, peut-être un peu trop d’ailleurs. Beaucoup de passions m’ont succédé : Chantal Goya, Dorothée, la télé, la NES, les rencontres, la magie, X-Files, les canulars radio, les séries, ton premier amour, Burger King, les L5, le star-system, Disneyland, le design, le multimédia, les colorations capillaires, les nouvelles technologies, l’art contemporain…

Finalement, il serait trop compliqué de faire le tour de tout ce qui t’anime. Heureusement, c’est l’éclectisme qui guide tes envies. Peu de personnes revendiquent admirer à la fois Gregory Lemarchal et Emilie Simon. Pour toi, ce n’est pas incompatible, alors cultive toujours plus ta différence.

Un jour, je reviendrai continuer la longue liste de tes passions. Ouf, je reste quand même la première d’entre elles !

Winnie l’Ourson

dimanche 7 janvier 2007

Si proche de Dana

Le haïku du jour : Si lié à toi - Tu me donnes ta force - Mais la douleur siet

Cher Sylvain,

Une passion : ça touche, ça aide à avancer, ça chamboule, ça ne laisse pas indifférent… Je comprends que certaines séries télé de qualité puissent faire partie intégrante de ta vie. L’ambiance t’est familière, tu t’attaches aux protagonistes et à leur caractère, tu retrouves des choses que tu as vécues. Souvent, l’identification est très forte.

Mon personnage recèle de multiples facettes que tu as su découvrir depuis trois ans. Ma volonté de toujours faire bonne figure, de gros succès difficiles à assumer, de vraies névroses impossibles à camoufler. J’ai l’air d’avoir une vie parfaite, une petite femme qui m’aime, des amis qui sont prêts à tout pour moi, un boulot qui n’en est pas vraiment un tellement je m’y retrouve, et pourtant… Derrière toutes ces belles valeurs, je suis impuissante face à des difficultés qui me dépassent.

Nous vivons la même histoire dans deux contextes diamétralement opposés, et ça nous rapproche. Si tu souffres pour moi, c’est que tu me comprends. Seulement tu ne vis pas dans une série télé. Tu n’as jamais supporté de devoir subir les troubles quotidiens mais aujourd’hui plus que jamais, il faut te faire violence et accompagner ton destin.
Tu es à l’aube d’un changement de cap qui va déterminer beaucoup de choses. La première partie de ta vie était plutôt réussie, à toi de perpétuer les succès qui t’accomplissent chaque jour.

Je ne suis qu’un personnage, mais j’ai su te toucher ce soir et te donner de nouvelles raisons d’être heureux. Pense à moi.

Dana Fairbanks, personnage de la série « The L Word »