mercredi 4 juillet 2007
A la rencontre de la glèbe et l’humus
Par Sylvain, mercredi 4 juillet 2007 à 23:42 :: Catégorie Famille :: Lien permanent :: Envoyer à un ami
Le haïku du jour : Le bruit étouffe - Et on tourne la page - Pour se reposer
Cher Sylvain,
Et bien ça y'est, les murs qui t'ont vu grandir ne nous appartiennent plus. Il est toujours difficile de quitter un endroit lorsqu'on y a vécu, qu'on y est devenu une famille qui s'aime et qui a toujours entretenu des relations saines et constructives. De ce côté-là, tu nous as souvent dit te sentir privilégié par rapport à ton entourage. La plupart de tes amis et collègues ont souffert un jour ou l'autre de leurs relations familiales. Tu ne pourras jamais vraiment les comprendre, ce qui a suscité et sucitera encore de la jalousie vis-à-vis du confort dans lequel tu as grandi.
Malgré toutes ces paisibles années où nous avons partagé le meilleur, il était temps de changer d'air. On n'a jamais eu envie de partir bien loin, juste à quelque kilomètres, mais loin d'un voisinage bruyant pour s'approprier à nouveau le concept d'intimité. On a débuté cette aventure il y a quatre mois lors des premiers travaux. Aujourd'hui la piscine et la veranda ne sont pas encore posées, mais au moins on vit au calme dans la campagne profonde, avec notre grand jardin et ce nouveau petit cocon qui nous ressemble déjà un peu. Même la vieille Moulinette morte depuis huit ans nous a suivis, on croirait entendre son doux ronronnement de satisfaction.
Finalement, tu n'auras pas eu de grosse crise de nostalgie il y a deux semaines lorsque tu as passé ta dernière nuit dans la chambre de ta jeunesse. Pourtant, ça a toujours été ton principal refuge. Tu y as vécu tes premiers émois, passions, douleurs, amours, relations et découvertes de tous horizons. Impossible de tout se remémorer, toute ta vie était là-bas, on espère juste qu'elle te suivra avec nous. Au moins, tu n'auras plus de vue sur la route embrumée des secrets que tu n'assumes pas, c'est maintenant la campagne et ses moutons qui t'accueilleront le matin quand tu passeras le week-end avec nous. Tout sera plus simple... Avec tous ces changements, on finira bien par découvrir ce que tu ne nous as jamais clairement avoué. C'est malheureux, on connaît tout de toi sauf l'essentiel ! C'est qui ce Jonathan ?
Tes parents



