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mardi 29 janvier 2008

La petite fin d'un cher endroit


> Visiter "Vilain Sylvain"

Cher Sylvain,

On pourra dire que tu nous as bien eus... Nous avertir de l'existence de cet espace dix semaines après sa création, c'est déjà assez tordu. Mais alors promettre d'anticiper nos pensées les plus profondes sans réussir à tenir plus de quelques mois, c'est ce qu'on pourrait appeler un défi raté ! Trop fatiguant, trop dangereux, trop restrictif... Pourtant, malgré quelques faux pas et élucubrations dérangées, le résultat était honorable. Cela aura permis de déceler des comportements inattendus parmi ton entourage et surtout de te rendre compte que tu ne le connais pas si bien...

Mais il est l'heure de passer à autre chose. Nous en tout cas on cède notre place ! La totalité de ce petit groupe n'a pas eu l'occasion d'être représenté ici-même, et pourtant... Certains l'auraient mérité mais préfèrent rester discrets parce qu'allergiques à la popularité facile.

Aujourd'hui, on passe de l'autre côté de l'écran pour profiter au mieux d'une nouvelle aventure qui se dessine. Vilain, oui, mais ne sois pas trop cruel... Tout est rangé, merci de nous avoir accueilli, on mettra les clés dans la boîte aux lettres en partant. Maintenant c'est à nous de t'observer, à tout de suite cher Sylvain...

Tes amis

lundi 5 novembre 2007

25 ans

Cher Sylvain,

Au moins tu auras gardé les joues...

Ton père

dimanche 26 août 2007

Les foulées d'un fou à lier

Le haïku du jour : Cliché du matin - Et quand le soir arrive - Branlette à la main ?

Cher Sylvain,

Nos regards se sont croisé pour la première fois il y a environ deux mois. Il était 8h, tu t'apprêtais à effectuer tes trente minutes de jogging semi-quotidien, les yeux collés, les cheveux en vrac, un débardeur turquoise et des chaussures jaunes et bleues. De mon côté je revêtais mon costume habituel, une malette à la main, prêt à vivre une nouvelle journée de travail. J'ai alors esquissé un petit sourire auquel tu n'as pas été réceptif.

Il y a un mois, nous nous sommes croisés un peu plus loin sur le parcours de ton rituel sportif, mais cette fois-ci je ne bougeais pas, j'avais juste un appareil photo dans la main gauche, mon téléphone dans la main droite, et j'ai lentement dirigé les objectifs vers toi lorsque tu m'as frôlé dans l'euphorie de ta petite course. Une demi-heure plus tard, je réitère l'expérience en fin de parcours, alors que tu arrives près de chez toi.

Et depuis ce jour, je t'attends tous les matins, assis sur un banc en bas de chez toi, et me postant à l'angle de ta rue lorsque tu passes devant moi pour te shooter à nouveau et enrichir ma collection de clichés dans lesquels tu subis toujours les trente minutes de jogging qui ont précédé. J'ai vaguement tenté d'engager la conversation à coups de "Bonjour, comment allez-vous ?" ou encore "Sympa le jogging non ?", mais je ne te trouve pas particulièrement réceptif. Peut-être imagines-tu de sordides choses à mon égard ? A moins que tu trouves légèrement déplacé ma méthode de drague... Il va falloir m'affronter dans les jours à venir, la situation commence à devenir sérieusement glauque...

"Cica", l'inconnu en bas de chez toi

jeudi 9 août 2007

Et on déroule le vélo

Le haïku du jour : Tourne la tête - Certains soir je suis surpris - Un bon coup de frein

Cher Sylvain,

Nous avons bien pris en compte votre récent courrier. Malheureusement, nous ne pouvons vous donner satisfaction pour l'instant, le service commence à prendre ses marques. Merci pour votre compréhension,

L'équipe Vélib'

Chère équipe Vélib',

Il y a de cela trois mois, j'ai décidé de prendre les choses en main pour éliminer le gras qui stagnait depuis trop longtemps sur mes faibles os. Un programme acharné se dessinait alors, multipliant de courtes activités sportives et restrictions alimentaires. Afin de parfaire le concept tout en gardant un esprit hype, je me suis glissé parmi les mille premiers abonnés au service de location de vélo que vous avez lancé mi-juillet.

Chaque soir, mon petit bonheur réside dans les quelques minutes où je califourche vos engins pour traverser tout Paris afin de regagner mon logis. Malheureusement, le système n'est pas encore parfait et il m'arrive de ne pas trouver de place pour reposer mon petit vélo du jour. Tout a pris une ampleur démesurée un soir cette semaine. Après une journée pesante et trop pleine de responsabilités, je décide de laisser le boulot derrière moi un peu plus tôt que prévu pour foncer au magasin de sport près de chez moi. Au programme, achat de quelques accessoires pour les vacances qui approchent. Après quelques coups de pédales, la pluie s'abat sur le 17e et noie mon léger tee-shirt en quelques secondes. Je décide malgré tout de braver vents et giclées humides et froides pour arriver avant la fermeture du magasin, vingt minutes plus tard.
Mais la poisse ne faisait que commencer : les dix stations de vélo qui entourent ma destination sont occupées, je me retrouve coincé avec ce vélo auquel il manquait un frein, me blessant en tapant sur vos bornes d'attache, mort de froid et de fatigue et ne sachant plus que faire. Il ne me reste plus qu'à l'enfermer dans la petite cour de mon immeuble et de courir au magasin pour tâcher de retrouver un semblant de vie normale. Entre temps j'avais oublié les amis qui débarquaient à la maison trente minutes plus tard et pour lesquels je n'avais rien préparé. Tout cela s'est terminé autour de nombreux verres pour oublier ces fichues pédales qui ont quelque peu gâché l'euphorie de début de soirée.

L'anecdote ne serait pas intéressante si elle était unique. Seulement voilà, le parcours du combattant commence à devenir beaucoup trop fréquent à mon goût, j'aimerais rentrer chez moi sans blessures, les vêtements propres et la tête au sec. Ajoutez à tout cela une mi-molle qui m'empêchait de passer la 3e, merci bien !

Sylvain

jeudi 26 juillet 2007

Courbatures mal placées

Le haïku du jour : Petit renouveau - Mais il faut bien s'accrocher - Un point de côté

Cher Sylvain,

Si je comprends bien : tu cours et fais de la gym tous les matins, tu nages trois midis par semaine, tu rentres à vélo du travail le soir, tu recours et renages le week-end... Mais que s'est-il passé ? Tu avais la digne réputation d'être le sportif le plus inculte de tous les temps il y a encore deux mois, c'est quand même aberrant !

Il faut dire qu'avec toi, c'est tout ou rien. Et quand le déclic tant attendu résonne dans ta tête, tu te donnes à fond quitte à tomber dans l'extrême. Le problème, c'est que ça ne dure qu'un temps puis la motivation retombe. Allez courage, deux mois de sport quotidien c'est plutôt un bon démarrage. Et si en plus des petits muscles inattendus surgissent un peu partout, ça ne peut que donner envie de continuer. Pour la toute première fois tu commences à avoir des pecs et des épaules plus large que ta grosse tête !

Moi je ne comprends plus rien. Cela fait maintenant un an que je cherche à perdre deux petits kilos superflus, mais ils me collent aux cuisses. Évidemment ce n'est pas la première chose que l'on remarque chez moi, j'ai juste tendance à faire une fixation sur les détails qui n'en valent pas forcément la peine. Allez, il faut que je m'impose un petit rythme qui va bien : des exercices plus réguliers, un peu de confiance en moi, moins de contraintes quotidiennes... Avec tout ça, je ne serai plus la même Elya, celle qui il y a encore trois ans s'offusquait à chaque blague coquine, celle qui prenait pour argent comptant les pires énormités, et surtout celle dont l'optimisme quasi-permanent pouvait dégringoler en une seconde à cause d'une petite vanne mal placée. Aujourd'hui je m'impose pour mieux tout exploser et devenir encore plus unique !

Elya, ton amie

samedi 16 juin 2007

Freinée et mise au frais

Le haïku du jour : On roulait tout droit - Une évasion certaine - Mais tout arrive

Cher Sylvain,

Depuis six ans qu'on se connaît, je ne me suis jamais retrouvée nulle part sans que tu le saches. On a parcouru de nombreux kilomètres ensemble, accompagnés de ceux qui ont fait et défait ta jeunesse, tes amis, tes amours, quelques inconnus, des gens un peu importants, etc. Habillée tout spécialement pour les fêtes ou les vacances d'été, j'avais pour habitude de me faire remarquer dans mes plus beaux habits une à deux fois par an. Mais depuis quelques mois, on ne se fréquente plus autant. Je dors à l'extérieur et te retrouve une fois de temps en temps, pour passer un week-end en famille ou partager de beaux moments de culture et loisirs.

Mercredi matin, on est venu me chercher, sans prévenir. Et en quelques minutes je me suis retrouvée dans le noir, loin de toi, loin de tout. Pendant ce temps tu vivais ta vie, me croyant en sécurité. Vendredi soir, aux alentours de minuit, tu as quitté ton appartement avec quelques sacs à roulette et petits encombrements. Le coeur léger et la tête prête à me diriger pendant deux bonnes heures, tu trottinais vers l'emplacement où tu m'avais laissé quelques jours auparavant. Bien évidemment tu as frôlé la descente d'organes lorsque tu t'es confronté au vide en lieu et place de ma belle robe verte. C'est grâce aux nouvelles technologies que tu as compris quelques minutes plus tard la petite catastrophe qui s'était produite : je t'attendais à trois kilomètres de là, dans un parking sombre et vétuste appartenant à la Préfecture de Police.

Tu n'aurais pas du me laisser sur cette place de stationnement toute la semaine alors que le marché populaire rythme le quartier chaque mercredi. On aura donc passé trois jours loins l'un de l'autre, toi dans l'ignorance, moi dans la peur et le doute. Et c'est au prix de 201 € qu'ils m'ont rendu à toi, soulagée de passer encore un petit bout de temps entre tes mains, mais meurtrie par toute cette poisse qui s'accumule. Et oui, moi aussi il faut me mériter !

"Poupoune", ta petite voiture

samedi 26 mai 2007

Transformons le gras en or

Le haïku du jour : On souffle juste - Mais il faut tenir le coup - Les pas s'allongent

Cher Sylvain,

Je suis ravie de voir que tu prends le relais ! Suite à un gros déclic il y a maintenant deux ans, je me suis mis à pratiquer intensément cours de step et autres abdos/fessiers afin de retrouver la confiance que je n'avais plus. Et si aujourd'hui je ne suis plus la même, c'est très certainement grâce à ces longues heures de transpiration qui me faisaient oublier tout le reste pour enfin reconstruire mon identité jour après jour.

Tu n'as évidemment pas les mêmes prétentions puisque tu restes l'éternel optimiste que rien n'ébranle. Mais les enjeux ne sont pas anodins ! Ce n'est pas un secret, tu n'as jamais été un grand ahtlète. Les cours de sport que nous avions l'habitude de partager au collège restent des moments d'anthologie : claquages en séries, niveau inférieur à la moyenne des filles, look flashy et de mauvais goût, grosses crises de fous rires qui nous empêchaient de souffler correctement, le tout ponctué par les hurlements de la prof de sport qui ne nous oubliera jamais. Bref, tu n'étais pas le sportif espéré malgré ta persévérance émérite le soir après les cours durant toute ta jeunesse : judo, athlé, foot, tennis, tout y est passé !

Mais les temps ont changé. Depuis jeudi, afin de lutter contre le gras qui s'installe autour de ton nombril, le réveil sonne une heure plus tôt. Et c'est les yeux collés, vêtu d'un tee-shirt jaune, un jogging d'ado et de jolies baskets bleu turquoises que tu déambules dans les allées du parc André Citroën. De retour à la maison, quant tu gémis sans relâche, allongé sur le tapis du salon, devant les cours de gym télévisés d'une chaîne peu recommandable, c'est l'apothéose !
Moi au moins quand je fais du sport, je le fais correctement. Si ce matin tu ne t'étais pas aventuré dans un parc dont la majorité des grilles étaient fermées, tu ne serais pas resté coincé seul au milieu des arbres à devoir te jeter dans les buissons avoisinants pour t'échapper ! C'est pas gagné cette histoire...

Emilie, ton amie

dimanche 22 avril 2007

Perdus sans perdurer

Le haïku du jour : Soleil qui se bat - Et assèche les pulsions - N’a pas tout gagné

Cher Sylvain,

Cette journée était décidemment très riche en émotions. Pendant que tu naviguais de lacs ensoleillés en bureaux de vote, de recoins bucoliques isolés en chasse à la voiture perdue, je tâchais de garder la tête haute pour cette dernière journée populaire de ma grande carrière.

Je n’ai jamais été aussi convaincue des convictions que j’essaie de partager avec le plus grand nombre. On se ressemble peut-être de ce point de vue là ! Et si aujourd’hui encore tu es pris de pitié sur mon sort, j’ose imaginer que ta légère admiration dépasse la compassion pour rejoindre mes convictions.

Pendant ce temps, ton petit tour en barque au bois de Boulogne s’est transformé en une épuisante randonnée, accompagnée de sarcasmes et défis en tous genres. Et lorsque après plusieurs dizaines de minutes tu as enfin retrouvé ta petite auto, la poussière et la chaleur ont eu raison de ton éternel potentiel de battant pour laisser place à une molle soirée de repos.

Même si ton Jona n’a jamais autant râlé que durant toutes les péripéties qui ont animé cet après-midi, dis-toi que tu restes quelqu’un d’atypique en affirmant tes bêtises d’autrefois. Allez, ce n’était pas un coup pour rien mais un hommage plus ou moins efficace, qui n’a pas vraiment de sens mais le mérite d’affirmer ton goût pour l’absurde et l’irrationnel.

Arlette, une célèbre figure politique

dimanche 11 mars 2007

La panse n’est pas infiniment extensible

Le haïku du jour : Un foie solide - Et la vie est plus belle - Dégoulinante

Cher Sylvain,

Il a des week-ends comme ça où on est au bord de l’apoplexie. On a toujours été liés par cette malbouffe qui fait tant parler d’elle. Mais après tout, on ne choisit pas d’être faible et influençable par tout le gras qui nous entoure. Notre premier rendez-vous, on l’a vécu autour d’un menu Best Of agrémenté d’un Sundae bien coulant. D’ailleurs je crois que les deux suivants nous ont également réuni à la table d’un fast-food miteux du centre de Paris…

Et je ne peux pas t’en vouloir si pour m’amadouer, tu as toujours quelques gâteaux, crèmes ou pizzas qui m’attendent dans ton garde-manger chaque week-end. Je crois d’ailleurs que c’est ta façon à toi de me faire quelques petits plaisirs faciles. En effet, la bouffe est le seul critère qui peut me rendre euphorique et enjoué lors d’un week-end que tu rends systématiquement épuisant par tes petits jeux et autres obsessions futiles.

Pour résumer, on a eu notre période McDo et Quick trop réguliers. S’en est suivi l’obsession du petit chinois qu’il y avait en bas de chez toi quand tu vivais encore en banlieue, puis du Planet Hollywood qui nous attirait par ses gros burgers. Les produits vedettes du trop grand supermarché voisin ont ensuite comblé nos petits encas et dîners bien gras. Et aujourd’hui, c’est le gâteau aux amandes « made in Creuse » arrosé de crème Mont Blanc qui se retrouve chaque semaine dans nos assiettes.

En cette fin de semaine, on a peut-être dépassé les limites du digeste. Les sorties culturelles de jeudi et vendredi nous ont contraint de dîner à l’extérieur. Et bien sûr, pour être frais et alerte face aux spectacles expérimentaux contemporains qui nous attendaient, il fallait du sel, du gras et du sucre. Quick et fast-food chinois ont alors ouvert les festivités du week-end avec au programme, petits déjeuners trop copieux, Pizza Hut avec quatre portions pour deux, pâtisseries à foison et un bon gros McDo pour vaincre la fameuse déprime du dimanche soir.

Il va falloir penser à revoir à la baisse nos écarts gustatifs. Et ce n’est pas cette nouvelle semaine chargée en boulot et sorties qui devraient arranger les choses. Quoique le dégoût aurait les moyens d’aider la volonté à faire son boulot… Enfin, j’espère…

Jonathan, ton chéri

samedi 24 février 2007

Bizarreries doctorales

Le haïku du jour : On a beau lutter - La douleur anesthésie - Il faut consulter

Cher Sylvain,

Suite à notre rendez-vous de ce matin, je voulais vous préconiser à nouveau le repos pour les cinq jours à venir. Une grippe, ça ne se soigne pas en passant son week-end à bosser pour un appel d’offres ou à multiplier les sorties ciné et shopping. Certes c’est plutôt mal tombé, mais il va falloir vous organiser en conséquence.

Même si vous n’avez jamais été très attentif aux conseils de vos précédents médecins traitants, j’espère que vous serez plus raisonnable suite à mes prescriptions. Il faut dire que votre première consultation avec moi il y a quelques semaines avait de quoi vous indisposer. Une petite remarque de ma part sur votre boxer moulant Superman suivie d’un sympathique toucher rectal, ça met dans le bain assez rapidement !
Heureusement, nos connaissances similaires en matière d’informatique m’ont permis de vous exposer mon point de vue sur l’administration des bases de données sur Linux durant plus d’une heure. J’ai d’ailleurs constaté que vous aviez soigneusement évité le sujet ce matin, cela ne vous intéresse-t-il plus ?

Je me demande si vous viendriez toujours me consulter si je n’habitais pas juste à côté de chez vous, si ma salle d’attente n’était jamais vide et si je n’étais pas équipé du matériel médical dernier cri… Pourtant je suis plutôt sympathique comme docteur non ?

"Dr Linux", votre médecin traitant

mercredi 31 janvier 2007

Une pellicule noircie de blues

Le haïku du jour : Un soir tout va bien - Les lumières éclatent fort - Esprit embrumé

Cher Sylvain,

Certains soirs, une ambiance particulière inonde ton esprit. Tu ne sais plus vraiment si tu es heureux, épanoui, mélancolique, stressé… Finalement, tu es un peu tout à la fois ! Les émotions se succèdent tellement vite que tu n’arrives pas à les maîtriser. C’est un peu dans cet état d’esprit que tu as vécu cette soirée.

Après avoir passé une semaine ensemble jour et nuit, il s’agissait de nos premières retrouvailles. Et finalement, c’était plutôt bien ! Les petites tensions des vacances n’étaient plus que des souvenirs oubliés, on a su ne retenir que les meilleurs moments. Un petit « happy hour » dans notre bar fétiche avec un Vincy un peu sur les rotules et un Kinoo toujours fidèle à lui-même, ça fait du bien. Dommage que notre niakoué n’ait pas pu partager ces quelques jours à la montagne, il avait l’air un peu ahuri à l’écoute de nos anecdotes et jeux de mots si délicieux.

L’enchaînement fut tout aussi agréable avec une petite crêpe du Bréband et une sympathique Ciné Party au Max Linder : un pianiste fou, des Blues Brothers en pleine forme et un petit digestif un peu trop rouge à mon goût. Malgré tout, tu as mis du temps pour te laisser aller, comme dans un film de Lynch. Difficile de t’atteindre quand tout semble bien aller mais que tu n’en es pas très sûr toi-même.

Le boulot, c’est prometteur, mais pas concret. Le couple, c’est concret, mais pas prometteur. De mini coups de blues en mini fous rires, tout était étouffé par cet avenir incertain qui te pèse chaque jour. Mais demain ça ira mieux ! A force de positiver, on pourrait penser que tu prends tout à la légère. En fait pas du tout, c’est juste que tu as toujours eu beaucoup de chance dans ta vie. Tu es confiant pour l’avenir, et même s’il n’est pas rose, c’est sans doute mieux comme ça !

Lilly, ton amie

vendredi 19 janvier 2007

Apparence pas si passée

Le haïku du jour : Trop centré sur soi - L’hiver prend alors le pas - L’apparence reste

Cher Sylvain,

Le paraître est une notion bien plus équivoque qu’elle ne le semble. Quand nous nous sommes rencontrés il y a deux ans, tu étais habillé avec un manteau trop grand pour toi, une chemise excentrique et des chaussures biscornues. Nous n’avions alors pas vraiment la même notion du bon goût en matière de mode !

Jusqu’à tes dix-sept ans, tu étais habillé un peu n’importe comment, comme tout bon Solognot qui se respecte. Et puis grâce à certaines expériences, certaines rencontres, tu as pris confiance en toi. Finis les tee-shirts et pantalons larges, le moulant fait son apparition. La coiffure de plouc passe aux oubliettes, et tes cheveux deviennent l’assurance que tu recherchais. Colorations blondes, brunes, rouges, grises, cheveux en vrac, en pic, sur le côté, en arrière, il est l’heure des expérimentations en tout genre. C’est aussi grâce à ça qu’on te remarque. Ton esthétique capillaire te caractérise bien plus que ce qu’on ne pourrait penser.

Aujourd’hui, la stabilité est de mise. Tes goûts vestimentaires sont plus cohérents, la capillarité moins folle. Mais l’apparence compte toujours autant. Quoiqu’on en dise, les rencontres sont enrobées de décryptages physiques qui passent aussi par le look. Une petite particularité peut faire la différence et te mettre en avant. Petit à petit, les petits grains de folie se succèdent et tu arrives à assumer tes convictions esthétiques en matière de mode.

Ton défi du moment, c’est de célébrer le grand retour des cache oreilles en France, mais ça c’est une autre histoire…

Jonathan, ton chéri

mardi 16 janvier 2007

Une nouvelle vie à accomplir

Le haïku du jour : Un autre matin - Petit homme est anxieux - Tout recommence

Cher Sylvain,

Qui aurait pu penser que nous pourrions vivre ensemble, ne serait-ce qu’il y a un an ? Je crois que tu as vécu les plus gros changements de ta vie ces derniers mois…

L'an passé, tu étais en dernière année d’école d’ingénieur, en région parisienne, en colocation dans un appart tout neuf, dans une ville nouvelle. Tu avais pris tes marques depuis trois ans déjà : ton ciné, tes commerces, tes petites habitudes, etc. Tu t’apprêtais à fêter un an d’amour avec ton Jona, tu te sentais chez toi, ton premier vrai « chez toi ».

Aujourd’hui, tout a changé. Les études finies, tu sors d’un long stage, épanouissant au possible, mais qui ne t’a pas offert l’avenir que tu espérais, pour des raisons quelque peu obscures. Tu vis désormais dans un vieil appart parisien, tout en parquet, moulures et cheminées. Tout est à refaire pour t’approprier à nouveau le quartier, tu te cherches professionnellement même si plusieurs récents succès te sont favorables, tu t’apprêtes à fêter deux ans de péripéties avec ton Jona, tu t’es rapproché de tes amis, je suis ta troisième colocataire…

Bref, beaucoup de changements qu’il va falloir positiver pour en faire une nouvelle vie. Mais c’est plutôt bien parti quand on y pense. Les prochains mois seront décisifs : rendre toujours plus belle ta vie amoureuse en épongeant les névroses du Jona, bien choisir si tu préfères travailler en freelance ou pour quelqu’un, approfondir tes amitiés pour qu’elles deviennent éternelles, soutenir ta famille qui s’apprête également à changer de vie, etc.

La route est longue mais après tout, tu es un éternel optimiste. Et puis tu as de sérieuses bases pour être heureux : tu vis avec moi !

Marjorie, ton amie et colocataire